Tribulations d’un gaulois en Crète. Épisode dégustation
Une mer d’huile léchant les montagnes, de vastes champs d’oliviers nappés de soleil, voici un aspect de la Crète.
Des cigales chantant tout l’été, chèvres et brebis crapahutant allégrement sur les contreforts rocailleux, voici la carte postale. Celle-ci est valable pour la plupart des territoires bordant la méditerranée.
Certes. Mais un seul peut se prévaloir d’une publicité digne des «comme j’aime» : la Crète et son fameux régime.
Sans être étouffante, la chaleur est là. Bercé par les notes de lyra crétoise, le fameux café Grec du matin laisse couler une langueur monotone. Sur la place du village des ombres chaussées de bottes en cuir, chemises et pantalons noirs, travaillent à la dure tout en parlant. Et le crétois parle fort. Ne serait-ce que de voir les charges qu’ils supportent épuisent le quidam en vacances.
Ce ne sont pas de jeunes éphèbes bardés de muscles juvéniles. Plutôt des octogénaires que le temps a laissé en paix. Hommes et femmes confondus.
Étonnant, non ? Non. C’est le résultat du régime crétois.
Paradoxalement, cet état de fait n’est pas dans ce qu’ils consomment, mais dans ce qu’ils ne mangent pas.
Nul engrais dans les champs : le compost, les crottes de chèvres et de moutons suffisent. Aucun pesticides, les coccinelles n’y connaissent pas le chômage. Le beurre ne sert à rien, ils cuisinent à l’huile d’olive. Pas de sucre, peu de sel mais des herbes cueillies à la sortie du hameau.

Les anciens n’ont pas changé leur mode de vie et d’alimentation, c’est grâce à cela qu’ils sautent encore au son du bouzouki lors des danses typiques aux fêtes des petits villages.
Les grandes villes ont connu le choc des cultures en fin des eighties. Les sodas et autres sandwichs américains ont cherchés à s’y faire une place. S’en est suivie une augmentation du taux d’obésité. La leçon a servi, on ne les y prendra plus. Presque…
Il n’était pas rare, dans les campagnes canadienne des années cinquante, de croiser des anciens crouler sous le dur labeur de la ferme. Si la « Lucette » ne rentrait pas son bois, elle aurait froid pour son quatre-vingtième hiver. Les vaches du vieux « Léon » ne transhumeraient pas toutes seules, crénom de Dieu ! Les super-marchés n’existaient pas. Aucun surgelé ni sauce aux conservateurs et ingrédients aux noms rappelant des formules mathématique.
Pourquoi chercher plus loin. Il n’y a pas de miracle. Ce ne sont pas les escargots dont les crétois sont friands qui leurs apportent cette fontaine de jouvence. C’est le fait que les gastéropodes ne traînent pas dans des produits chimiques avant de passer à la casserole.

Il n’y a de bon que dans le naturel, sinon, comme dirait Saint Jean-Pierre Coffe : « C’est de la merde ».

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