Être arrêté 258 fois et en 4 ans par la police, c’est possible !

Innocent, il est contrôlé 258 fois par la police

Aux Etats-Unis, c’est un véritable acharnement qu’a vécu Earl Sampson, un jeune afro-américain de 28 ans. Il a déclaré avoir été contrôlé par la police 258 fois, arrêté pour intrusion 62 fois, fouillé plus de 100 fois, et envoyé en cellule 56 fois entre 2009 et 2013.

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© CBS4

Sampson travaillait chez QuickStop, une épicerie de Miami Gardens, au Nord de Miami. Sur toutes les fois où la police floridienne s’en est prise à lui et l’a arrêté, il n’était coupable qu’une seule fois : il possédait un peu de marijuana sur lui. Le reste des arrestations avaient pour motif « intrusion ». Où ça ? dans le magasin où il travaillait.

Alex Saleh, le propriétaire de l’épicerie, avait souscrit au Zero-Tolerance Zone Trespassing Program, un programme local de tolérance zéro mis en place par la police. Dans le cadre de ce plan, les forces de l’ordre ont carte blanche pour arrêter les personnes qui leur semblent suspectes. Earl Sampson a du leur sembler étrangement suspect, pour avoir affaire au même officier jusqu’à trois fois dans la même journée, et au même endroit.

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© Alex Saleh / CBS Miami

Le patron de l’épicerie a alors fait installer des caméras dans son commerce, afin de protéger son employé, et éviter qu’il soit de nouveau arrêté. Les images ont montré que les policiers entraient dans le magasin sans mandat de perquisition (légalement nécessaire aux Etats-Unis) plusieurs fois par jour pour s’en prendre à Sampson, et parfois aux clients qui faisaient la queue à la caisse du jeune homme. En 2013, Earl Earl Sampson a porté plainte pour harcèlement et arrestation non justifiée, avec à l’appui les vidéos tournées dans le magasin.

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© Scott Olson/Getty Images

Les choses n’ont changé pour le jeune homme qu’au moment où son patron a envoyé aux médias les images tournées dans l’épicerie. Et pourtant, aujourd’hui, aucun membre des forces de police de Miami Gardens n’a été sanctionné. Seul Matthew Boyd, chef de police, avait annoncé sa démission après le procès, en 2013.

Lucas Richard