La prostitution moderne: le monde de la passe à l’ère numérique

Le plus vieux métier du monde n’a plus le même visage

L’image du camion à passes usé, en périphérie de la ville, hébergeant la sulfureuse Sabine, étendue sur des draps de satin rose, s’effondre. Les travailleur(euse)s du sexe se sont déporté(e)s de la rue sur Internet. Si la prostitution demeure illégale en France ça ne l’empêche pas de connaître des bouleversements à l’ère numérique. Les réseaux, les arguments, et les ouvrièr(e)s ne sont plus les mêmes.

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Deux ans après la loi sur la pénalisation des clients, la prostitution sur internet se porte bien en représentant 2/3 de la prostitution en France. Et comment le marché du sexe s’organise dans l’océan du web? Tu trouveras d’abord les sites d’annonces généralistes qui se sont mis à développer des catégories « massage spécial » (coucou Vivastreet). Il y a ensuite les sites spécialisés, où se commander une partie de jambes en l’air devient aussi simple que se commander une pizza, à l’image de Eros, plateforme créée par deux californiens. Dans une veine un peu différente, les sites d’escorts fleurissent (type Richmebeautiful.com) et les Suggar Daddies, Suggar Babies, Suggar Mamas se multiplient. prostitution

Qu’est-ce que ces nouvelles plateformes nous apprennent ? S’il existe désormais tant de portails virtuels pour s’envoyer en l’air c’est qu’ils permettent en partie d’échapper à la pénalisation par plus d’anonymat. Cela veut aussi dire que la clientèle et les travailleur(euse)s sont d’une génération plus jeune et connectée. Les Sugar Babies n’hésitent plus à sortir du bois, pour financer leurs études ou leurs fins de mois difficiles. Précarité de la jeunesse, quand tu nous tiens.  prostitution

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On peut y voir également une forme d’ubérisation du sexe, où la figure du mac disparaît pour laisser place à des prostituté(e)s auto-entrepreneur(euse)s. Un phénomène qui rendrait la pratique plus « safe », les travailleur(euse)s posant leurs propres limites. Ça ne veut pas dire que l’exploitation sexuelle sous contrainte n’existe plus, loin de là.

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Le plus vieux métier du monde s’est, en un sens, banalisé devenant un levier à cash facile pour faire face à la fragilité financière.  Et les « relations mutuellement bénéfiques » ne sont plus seulement monétisées mais soulèvent des échanges matériels. Un restau 5 étoiles, le dernier sac machin, la dernière tablette, un logement (coucou Mr.Darmanin) …contre un coït. 

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On croirait alors que le monde de la passe est intouchable. Mais en fait non. Si la prostitution s’appuie sur les nouvelles technologies pour muter, elle se trouve aussi menacée par elles. La réalité virtuelle et les prostituées robots peuvent mettre à la rue les travailleur(euse)s du sexe (à l’image de la première maison close de poupées siliconées à Paris). En définitive, le marché du sexe n’aura de cesse de se remodeler au gré des évolutions technologiques et sociétales.

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