L’interview une image, un souvenir avec Manu Le Malin

Open Minded x Radar en interview avec Manu Le Malin

On l’avait déjà fait joué lors d’une Open Minded Party, mais pourtant jamais vraiment pris le temps de se poser autour d’un café et discuter une heure avec Emmanuel aka Manu Le Malin. Le prince d’Aubervilliers, avec son café crème, a remémoré ses souvenirs de carrière, sans langue de bois et avec humour, pour l’interview images que voici :

Manu Le Malin
Un Manu Le Malin qui répond avec franchise et humour aux questions, et la rédactrice après une nuit blanche passée à Belgrade qui enchaîne les cafés.

 

Manu Le Malin

« En 1993, j’ai découvert pour la première fois dans une rave à Utrecht le hardcore. Tous les 30 000 raveurs étaient habillés dans un style gabber comme sur la photo. Je portais un tee-shirt avec l’inscription « Hardcore and gabber united against racism and fascim » et j’essayais de danser comme eux mais c’était pas facile. Le lieu, le Jaarbeurs, était dingue, j’avais jamais vu ça en France à l’époque. Il y avait même un manège en forme de pieuvre dans le grand hangar. Quand je suis rentré après à Paris, j’ai tout changé en passant de la techno au hardcore. Ce qui est rigolo, c’est que les orgas m’invitent à jouer pour célébrer les 24 ans le 27 octobre. »

 

Manu Le Malin

« Tu viens de lever un mythe là, tout le monde croit que Manu Le Malin c’est plus en lien avec les messes de chats, bougies, Satan etc… Mon nom est puisé de ce film là, Les Frères Pétards. Manu c’est Gérard Lanvin, ouais j’ai choisi le plus beau quand même ! C’est un film de ma génération totalement culte avec mes amis. Il y a surtout une punchline où Jacques Villeret répète plusieurs fois « Il est malin le Manu ». Mes potes ont commencé à m’appeler comme ça de temps en temps quand on était un peu fonfon à 5h du mat’. J’ai pris ce nom, mais je pensais pas que mon projet musical allait durer. Mais je l’assume hein ! »

 

Manu Le Malin

« Là c’est la Spring à Concarneau au château de Kériolet, la version printemps d’Astropolis plus à taille humaine. Astro, c’est devenu des potes, la famille ; ils me bookent chaque année et sont également mes agents pour mon projet parallèle The Driver. »

 

Manu Le Malin

« C’était en 2000 à l’opéra de Montpellier pour le projet « Hier, aujourd’hui, demain » avec un orchestre classique. René Koering, à l’initiative d’un festival Radio France, nous a rencontré Torgull et moi pour nous parler de ce projet. On a accepté et écrit un squelette de 48 minutes qu’on a joué cinq fois au total. J’aime ce type de projets, l’idée d’aller voir ailleurs, et aimerais bien refaire ce genre d’expérience. »

 

Manu Le Malin

« On a créé, toujours Torgull et moi même, le label de musique Bloc 46 parce qu’on avait plein de projets dont celui de monter notre label. Pour la petite blague, le gérant c’était moi. T’as vu combien de temps il faut pour avoir un RDV avec moi, donc t’imagines que niveau gestion, c’était zéro. On voulait simplement presser, vendre, récupérer l’argent pour refaire un autre CD. C’était plus un truc entre potes, un truc de famille d’où le nom bloc, et 46 parce que j’étais à fond sur les mots cachés. 46 car on habitait au 46 rue de Bellefort à Courbevoie. 46 divisé par 2, ça donne 23 soit le chiffre du chaos. 46+23 = 69, bon je vais pas faire un dessin, faut rester sexy un peu. Et 69+23 donne 92, le code postal de Courbevoie. »

 

Manu Le Malin

« J’ai fait trois morceaux pour ce film. Le réalisateur Jalil Lespert avait tourné des scènes de 24 grammes avec certains de mes morceaux existants. J’ai proposé de lui faire des morceaux inédits, ça a bien collé et ça m’a aussi permis de refaire de la musique après un bout de temps sans avoir brancher mon studio. »

 

Manu Le Malin

« Je suis un addict de TV, ciné (Alien), série, j’ai un gros rapport à l’image de toute façon. Quand j’ai commencé à faire de la musique, il fallait toujours que le son colle avec des images que j’avais déjà en tête, sinon ça voulait dire que j’étais passé à côté. Là avec Torgull on va commencer à préparer la bande originale d’un film qui est actuellement en plein tournage, « Predator Holocaust ». En gros c’est le film Predator qui débarque pendant la seconde guerre mondiale et va foutre une raclée aux nazis. C’est toujours excitant de poser sa zik sur les images. »

 

Manu Le Malin

« The Driver c’est mon side project en plus de Manu Le Malin avec qui j’étais bloqué pour jouer d’autres styles. Même si je joue du hardcore, je continue à acheter de la techno, trance, house ; j’ai 17 000 disques chez moi et pas que du hardcore ! Je m’éclate avec les deux projets et j’ai le choix entre Manu Le Malin et The Driver, sinon je m’emmerde donc là c’est comme le yin et le yang, ça s’équilibre bien. »

 

Manu Le Malin

« Au départ j’étais pas chaud à l’idée de ce documentaire « Sous le donjon de Manu Le Malin », de mettre ma vie sur internet. Ça se voit pas comme ça, mais je suis plutôt timide et pudique. Je connais le réal Mario Raulin depuis quatre ans, on s’est d’abord vus pour des interviews pour le site Sourdoreille, puis on est devenus potes. J’ai accepté au bout d’un moment et on a écrit tout le scénario pour le tournage de 5 jours à Kériolet. Quand je m’implique dans quelque chose, il faut que ce soit démesuré. J’ai beau être timide et pudique, je suis aussi mégalo donc faut que ça ait de la gueule ! J’étais là aussi pour le montage, bref ça a été la guerre du début à la fin, on s’est pas mal pris la tête mais le résultat en valait la peine ! C’est un super objet qui m’a tiré plus d’une fois les larmes des yeux et puis je vais pas le cacher, c’est la classe ! »

 

Manu Le Malin joue samedi 23 septembre au festival Dream Nation 

Merci à Manu, le super prince d’Aubervilliers pour cette enrichissante interview !