Ça te dit de devenir straight edge ?

Pas forcément irréprochables malgré de bonnes intentions

Être straight edge c’est un mode de vie qui, peut-être, peut te plaire. Tout simplement parce qu’ils revendiquent la non consommation de drogues et d’alcool, entre autres. Ça peut paraître chiant dit comme ça, mais en vrai pas du tout. Les partisans de ce mouvement sont également contre le sexe sans sentiments.

L’origine de la mouvance, elle est à trouver dans les années 80. C’est à ce moment là que le groupe Minor Threat sort sa chanson « Out of step ». Et quelques vers vont particulièrement inspirer beaucoup d’individus qui deviendront les premiers straight edge. « I don’t smoke, don’t drink, don’t fuck, at least I can fucking think ». Ce qu’on peut traduire, pour les moins anglophones, par « Je ne fume pas, ne bois pas, ne baise pas, mais au moins je peux penser ». Et c’est à partir de là que tout a commencé.

Tout mouvement qui se respecte dispose de codes, et ceux des straight edge sont bien établis et solidement ancrés dans la culture. En plus de la chanson fondatrice de leur façon de penser et de voir les choses, leur emblème a une histoire. C’était à l’origine un simple « », qu’ils se font tatouer ou bien qu’ils arborent sur leurs vêtements. Par la suite, ce simple X sera assorti des lettres H et C (signifiant Hardcore) ainsi que S et E entre ses branches (pour Straight Edge). Au commencement, ce X était la croix noire que les personnes âgées de moins de 21 ans se faisaient inscrire au marker noir au dos des mains pour pouvoir entre dans les concerts. Ainsi les barmans savaient qu’ils ne pouvaient pas leur vendre d’alcool. Il est devenu l’emblème de la non consommation d’alcool par les straight edge. Et, pour en finir avec les origines de la chose, leur nom a une seconde histoire. D’après certains, ce serait en référence à l’expression anglaise « to have the edge », c’est-à-dire « avoir l’avantage », à laquelle on rajoute le mot « straight » qui signifie « tout droit ». Car les straight edge ne sortent (presque) jamais du droit chemin.

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Leurs parents doivent être fiers non, aux straight edge ? Benh non, pas forcément. Déjà parce que les premiers adhérents à ce courant de pensée le sont devenus en opposition au mode de vie de leurs parents. Donc c’est moyen, déjà. Et puis, si certains membres (appelés les « posi ») sont tout mignons, ce n’est pas le cas de tous. Elgin James, par exemple, cinéaste et musicien, était un fervent activiste straight edge. Et il a crée le Friends Stand United (FSU), bras armé de la mouvance. Et qu’est-ce qu’ils faisaient ces amis qui se tenaient unis ? Ni plus ni moins qu’organiser des descentes dans les clubs pour passer à tabac les dealers et interdire aux jeunes de consommer des produits addictifs (alcool, drogue mais aussi cigarettes). Après un détour par la case prison, Elgin James s’est calmé. Mais les actions du FSU ont tout de même causé la mort d’un ado de 15 ans à Salt Lake City. Et dans la ville de Reno, dans l’état américain du Nevada, les straight edge sont considérés comme un gang par la police locale, qui n’hésite pas à les prendre en chasse lorsqu’ils rôdent à la recherche de cibles. Il n’est donc pas rare d’y entendre les sirènes des officiers en pleine course poursuite à travers la ville.

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Donc les straight edge ne sont pas partout perçus de la même façon, malgré leurs convictions féministes et en faveur de la défense des animaux. Beaucoup d’entre eux sont végans d’ailleurs.

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