Le jour où j’ai cru que j’irais en prison pour de la weed …

… et que j’étais super crédule.

 

Vous vous rappelez de l’article « Qu’arrive-t-il si la police trouve mon numéro sur le téléphone de mon dealer ? » ? On a rencontré un mec qui a connu ce moment, et est parti en parano totale. L’histoire de Léo (tous les prénoms de l’article ont été changés), un gamin qui a cru qu’il finirait en maison d’arrêt pour mineurs pour un 20 balles.

 

A l’époque de cette histoire, Léo est en Première L, en option « arts plastiques », et c’est un consommateur régulier de cannabis. Oui, Léo est un gros cliché, ou presque, parce qu’il ne porte pas de sarouel ! Un soir, Léo rentre de soirée avec le dernier bus et croise une bande de trois potes qui écoutent du son à fond dans le bus. Habituellement il aurait été irrité par un tel comportement, mais dans l’état second (alcool + weed = menbalékouyfrèr) dans lequel il était, il était prêt à chanter du Taïro avec eux au milieu du bus.

 

Il prend leurs contacts, et commence à bien s’entendre avec l’un d’entre eux, Arthur. Arthur, c’est le fuccboi de base, il s’habille bien, il vient de Tahiti, il a le torse tatoué quasiment en entier, trompe sa copine, et deale de la weed. Or, Léo avait besoin d’un nouveau plan, alors il commence à se fournir chez Arthur. Un soir, ce dernier l’invite même à une petite soirée chez sa copine. Léo vient avec sa meilleure amie Naomi, la soirée se passe bien, puis Arthur ouvre un colis. Dans ce dernier : un sachet sous vide REMPLI de weed ! Léo nous raconte qu’il n’avait jamais vu autant d’herbe dans le même sachet, et qu’il n’a jamais vu mieux depuis mis à part dans les tiroirs d’un coffee-shop ! 25 GRAMMES, rien que ça. Ça faisait un beau paquet, hein Snoop ?

Léo est surpris, et Arthur lui explique comment lui, il se fournit. Il s’est allié avec un pote à lui, un peu calé en informatique, qui commande l’herbe sur le Dark Net. Bouuuuh, ça fait peuuuur. Ensuite, c’est Arthur qui se charge de la redistribution de la weed. A ce moment-là, dans la tête de Léo, Arthur est un vrai thug, il ose commander sa beuh à l’étranger et n’a ni peur de la police et du facteur !

Quelques jours plus tard – il faut se rendre compte que toute cette histoire n’a dû se dérouler que sur deux semaines –, Léo reçoit un SMS d’Arthur. « Mon père m’a chopé, il veut m’amener chez les Stups. ». C’est le début de la panique de Léo, mais jusque-là ça va, encore. En fait, Léo a surtout peur que le père d’Arthur balance Léo à ses parents, ce qui serait probablement la situation la plus tendue pour lui. En vérité, Léo a plus peur que ses parents apprennent qu’il fume plutôt que la police, car même si vous allez le voir il était très naïf, il avait conscience que les flics n’ont que faire des petits consommateurs, en général. Léo essaie de demander des précisions à Arthur, par SMS, sur Messenger, même en message Snapchat ! … Arthur ne répond plus.

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Weed

Une heure plus tard, Léo reçoit un message sur Snapchat d’Arthur. D’abord, ça l’étonne que ce dernier utilise ce moyen, car à l’époque il était très inhabituel d’utiliser la fonction messagerie de Snapchat. Et cette fois, il devient livide, en lisant le message, qui ressemblait à ceci :

« Bonjour, monsieur Léo ******.

Le père d’Arthur nous a laissé carte blanche pour accéder et analyser son téléphone. Nous avons tous les messages et toutes les photos que vous vous êtes envoyées, (Léo et Arthur s’envoyaient des Snaps de leurs fumettes, leurs têtes de weed…). Nous allons remonter tout son réseau, ainsi que votre numéro de téléphone et celui de tous ceux qui ont lui ont envoyé un message. Attendez-vous à de lourdes conséquences.

La Brigade des Stupéfiants. »

 

Weed

Dans la foulée, Léo supprime et/ou bloque Arthur de tous ses réseaux. La parano monte en lui, et il se figure déjà en gardav’ à la Brigade des Stups’ en train d’expliquer le pourquoi du comment à sa mère effondrée et son père en furie. Il se sent en position de faiblesse comme jamais, et surtout en pleine impuissance ! Dans sa tête, le scénario est déjà tracé, et il n’y a plus rien à y faire, juste à attendre que les flics lui passent les menottes. (pour deux sachets de 20€, et surtout… POUR DE LA WEED).

Vous le trouvez crédule ? Vous avez raison, et aujourd’hui il se trouve lui-même vraiment très bête d’avoir cru à ce message. Parce que vous vous en doutez, il n’y a jamais eu de suite. Il a flippé pendant un mois, pensant même que son portable était sur écoute il n’a pas acheté de weed pendant cette période ! Mais après, il a oublié cette histoire, et il a oublié Arthur. En réalité, il apprit plus tard par des amis d’amis qu’Arthur avait juste été chopé par son père, et que ce dernier avait voulu faire peur à tous ses contacts en les menaçant et en signant « La Brigade des Stupéfiants ». Arthur l’a depuis ajouté sur Facebook de nouveau, et a repris son petit trafic. Mais Léo ne l’a jamais ré-accepté, ni recroisé ou reparlé. Et à vrai dire, il n’a pas envie que ça se reproduise.

« Bah je me sens super con maintenant. Si je le croisais et qu’il me demandait pourquoi je l’ai supprimé de partout, j’aurais vraiment l’air d’une pleureuse parano, même si c’était y’a 4 ans ! »

Weed

Une cicatrice encore marquante, donc, et qui lui a donné une bonne leçon : ne plus jamais avoir de rapports autres que vendeur-acheteur avec des dealers qui vivent encore chez leurs parents !