Qu’arrive-t-il si la police trouve mon numéro sur le téléphone de mon dealer ?

Cet article est basé sur le témoignage d’un spécialiste en lois britanniques, mais notre journaliste s’est attelé à vérifier les lois françaises pour ses affirmations, afin d’éviter les erreurs.

 

Le téléphone (de mon dealer) pleure

Dealer

Mise en situation :

Cela fait un an que tu te sers auprès du même dealer. Il change de numéro tous les trois mois, mais la dernière fois c’était il y a moins de deux mois. Tu lui envoies en moyenne un message toutes les semaines et demie, pour ton 5 grammes de weed habituel. Mais aujourd’hui il ne répond pas. Pire, tu l’appelle et ça tombe de suite sur la messagerie ! Tant pis, tu attends le lendemain …  Mais ni le lendemain, ni les jours suivants tu n’as de réponse. Au bout de quelques jours, tu apprends par l’ami d’un ami qui t’avait passé son contact la première fois, que ton dealer s’est fait serré. Ta première réaction : « Pour une fois que je trouvais un mec sympa qui sert bien, et qui a la qualité … ». Ta seconde réaction : « Attends … Mais les flics ont son tél’ ! Et merde … ». Et la panique commence : « Tu crois que les flics vont fouiller son répertoire ? Ok ça y est, je suis fiché les mecs, c’est foutu ! ». Alors, parano du fumeur, ou méfiance justifiée ?

 

En fait, rassure-toi, dans les faits tu ne risques pas grand-chose en n’étant que consommateur. Les forces de l’ordre n’ont que faire des petits fumeurs la plupart du temps, sauf motif exceptionnel. En revanche, ne croyez-pas que les argots et autres métaphores pour remplacer « weed / herbe / marijuana » et « haschish / shit / résine » soient vraiment utiles : les brigades anti-stupéfiants ont des experts, qui connaissent le langage de la rue, étant donné qu’ils ne travaillent que sur des affaires de drogue.

 

Il est tout à fait possible que les enquêteurs lisent les messages échangés sur le téléphone du dealer arrêté, notamment pour prouver qu’il est bien vendeur de produits illicites. En revanche, chercher à se pourvoir n’est en soit pas un délit. Ci-dessous le Code Pénal, article 222-37 :

Le transport, la détention, l’offre, la cession, l’acquisition ou l’emploi illicites de stupéfiants sont punis de dix ans d’emprisonnement et de 7 500 000 euros d’amende.

Est puni des mêmes peines le fait de faciliter, par quelque moyen que ce soit, l’usage illicite de stupéfiants, de se faire délivrer des stupéfiants au moyen d’ordonnances fictives ou de complaisance, ou de délivrer des stupéfiants sur la présentation de telles ordonnances en connaissant leur caractère fictif ou complaisant.

Autrement dit : avoir de la drogue, vendre, prescrire, donner ou se procurer de la drogue, consommer de la drogue, sont punis par la loi. Mais chercher à s’en procurer n’est pas un délit. Pour info, sachez que l’achat en groupe est considéré comme une forme de trafic.

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Dealer

 

Revenons à notre sujet. Qu’en est-il s’il ne s’agit d’un petit dealer de rue, mais d’un « vendeur en gros » ? Là, c’est différent. D’abord, la police pourrait penser qu’avec tes achats réguliers, tu es un dealer de rue et tu te fournis chez LE BARON. D’autant plus dans le cas où il s’agit de drogue dure. Dans le cas du cannabis, vous ne serez inquiété en réalité que si vous parlez de grosse quantité, ou de production. Évitez de parler de votre potager, quoi.

Dealer

EN BREF : ne soyez pas un dealer, n’achetez pas de grosses quantités, n’ayez pas de problème de paiement pour éviter que votre dealer ne vous menace et qu’il n’y ait des messages suspects, et ne produisez pas pour les dealers. Et il y a peu de risque que la police ne soit intéressée par votre numéro.