Brésil : quand les fesses et les seins se retouchent à l’infini

Avoir des belles fesses, c’est vraiment très important au Brésil.

Un concours de fesses, des implants mammaires à 15 ans, un garçon qui veut ressembler à Ken : bienvenue au Brésil, le pays de la chirurgie esthétique. 

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La folie des brésiliennes pour la chirurgie esthétique ne date pas de si longtemps que cela.
Avant 1960, l’heure était au sport, au bronzage et au Monoï sur les plages de Rio de Janeiro, car les opérations étaient trop dangereuses et surtout trop onéreuses. Puis Ivo Pitanguy est arrivé, et a révolutionné le domaine de l’implant en silicone.

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Ivo Pitanguy est le chirurgien le plus célèbre du Brésil, décédé en 2016.

Ivo Pitanguy est considèré depuis les années 60-70, comme le père de la chirurgie esthétique au Brésil car il est le premier médecin à avoir cherché la perfection du détail pour le résultat le plus naturel possible. Elizabeth Taylor et Mick Jagger font partie du très grand nombre de célébrités passées sous son bistouri ! Et s’il a largement contribué à la démocratisation de cette chirurgie, c’est car il a rendu accessible cette dernière à toutes les classes sociales en mettant en place un système de crédit au paiement étalé à hauteur de 70% du montant total. Dans son institut éponyme, Ivo Pitanguy réalisait plus de 20 opérations par semaine, allant de la chirurgie réparatrice, à la rééducation/augmentation mammaire, en passant par la modification des contours corporels et les liftings. La botox mania est lancée, et la chirurgie devient un sport national. D’ailleurs, le culte du corps est si présent dans les culture brésilienne que chaque année est organisé le concours de la Miss Bumbum du Brésil a qui appartient la plus belle paire de fesses.

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Concours Miss Bumbum au Brésil

 

« Tu veux quoi pour tes 15 ans ? – Une liposuccion ou une augmentation mammaire, ça serait top maman. Merci ! »
Entre 2008 et 2012, le nombre d’opérations à augmenter de 141% chez les filles âgées de 15 à 18 ans. Et si ce n’est pas les seins ou les fesses, ce sont les oreilles qui sont retouchées car trop petites ou décollées, domaine où le Brésil est joyeusement sur le haut du podium mondial. Pour les femmes un peu plus âgées, ce sont les seins qui deviennent le sujet numéro 1 des femmes, mettant cette fois-ci le Brésil sur la deuxième marche du podium mondial. En 2015, 1,2 millions d’habitants du pays se sont fait opérés, comptant parmi ce nombre mirobolant 160 000 implantations mammaires. En comparaison, la France a vu 37 000 prothèses se faire incruster dans les poitrines en 2015.

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Pourquoi un tel engouement pour la chirurgie esthétique ?
Dans ce pays où les habitants passent leur vie au soleil, sur la plage et dénudés, le corps est sans équivoque sublimé dans l’excès. Les femmes sont à la recherche d’un corps parfait, sans aucune imperfection, sans rides et sans capitons.

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Mauricio Galdi a subi plus de 8 opérations pour ressembler à Ken. Ok …

Les actrices de la télévision brésilienne sont toutes refaites. On se crée un stéréotype de beauté, et c’est difficile d’être différente, car le modèle idéal, c’est d’avoir un beau corps pour aller à la plage et un nez fin.
explique Gabriela Oliboni pour justifier sa demande de rhinoplastie et d’augmentation mammaire à son père en cadeau d’anniversaire. (source)

Avec l’ultra-accessibilité aux opérations, la chirurgie esthétique est devenue monnaie courante et se voit offerte comme une boîte de chocolat.
Mais cela peut provoquer des troubles psychologiques importants, lorsque l’on grandit en pensant que le corps est modifiable et malléable à l’infini. Si des psychologues sont présents dans les cliniques afin d’aider les personnes en souffrance, cela n’évite pas à certains patients d’être accro à la chirurgie, phobique d’être laid ou disproportionné. Alors, si les fesses des brésiliennes sont parfaites, on n’est pas vraiment certains que leur tête, elle, soit encore bien clean.