
La picnicophobie : « Je suis picnicophobe et pour moi l’été c’est l’enfer »
Perdre ses moyens à la simple vue d’un pique-nique, perdre ensuite son groupe d’amis parce qu’on ne supporte plus passer du temps au soleil, voilà le quotidien d’un picnicophobe.
A chaque début de vacances, c’est l’angoisse. Certains vont devoir affronter leurs phobies. Comment prendre l’avion sans stress ? Réussir à mettre un pied dans l’eau ? Résister à la frousse des araignées ou des serpents ? Prendre le volant pendant plus de cinq heures? Si on est picnicophobe, on a des chances d’avoir hérité de la myrmécophobie. Oui, la peur des fourmis porte un nom. Elle est très peu connue, même si forcément sujettes aux moqueries… mais lorsqu’il s’agit de poser ses petites fesses sur l’herbe humide, les myrmécophobe ne s’y risquent pas. Les envies d’herbe qui chatouille les narines et de fourmis qui remontent le long des jambes sont proscrites. Rendez-vous sur le bitume brûlant !

De toute manière, dans l’herbe ou sur le bitume, les pique-niques c’est toujours la même chose. Normalement on devrait manger des crudités, des fruits, des légumes crus, du pain frais, du jambon, du fromage… mais quand on a pas un kopeck en poche, on se tourne vers la bouffe premier prix. Chips, saucisson industriel, cake bourratif… les picnicophobes portent en eux l’angoisse du bourrage d’estomac.
D’autant plus qu’ils ne supportent pas manger sans couverts ! Après deux mois d’été riches en pique-niques, on oublierait presque l’effet de manger devant une table, avec une assiette, des serviettes et tout ce qui convient pour un repas normal.

Qui dit repas normal, dit repas calme. Les lieux de pique-niques sont souvent bondés. À moins d’atterrir dans une forêt à 15 kilomètres d’un village déjà éloigné de 30 kilomètres de la ville. Quais et pique-niques, c’est comme steak et frites. Les deux vont ensembles. Les picnicophores ne supportent plus voir des mecs sautiller, à chaque passage de bateau mouche ou de chaloupe, dans l’espoir de faire des signes aux passagers. Sachant qu’un bateau passe toutes les deux minutes à Paris… on se retrouve rapidement épuisé par ce spectacle.
Les picnicophobes seront décus, le pique-nique est d’origine canadienne. Cette pratique remonte au XIIIe siècle. On disait alors « faire un repas à pique-nique« , où « nique » signifiait à l’époque peu de chose.
Bestioles, coups de soleil, mal bouffe, bruit… Quel que soit le mal qu’il endure, le sort du picnicophobe est une torture. Rester à l’intérieur, le rendra meilleur. Ses amis ne comprendront pas cette lourde affaire, ils n’auront d’intérêt que pour la beauté du plein-air.

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