Anti-Selfie Club : la guerre est déclarée

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L’Anti-Selfie Club entend bien te faire la tête au carré

Les selfies, ces autoportraits pris avec nos smartphones qui envahissent les fils d’actualité des réseaux sociaux pour les parer de magnifiques duckfaces égotripants et autres instants plus ou moins intéressants de nos plus ou moins palpitantes vies, deviennent un véritable fléau, et, pour certains, une maladie. De Facebook à Instagram en passant par Snapchat, le syndrome du selfie est présent partout, tout le temps. Pour crier tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, une lutte anti-selfie intelligente et décalée est en train de se mettre en place sur les Internets, impulsée par l’Anti-Selfie Club.

L’Anti-Selfie Club – c’est son nom – est une appli qui consiste à se prendre en photo avec une webcam ou l’appareil photo intégré à son téléphone. Basée sur le principe du selfie, elle semble donc de prime abord encourager ardemment tout un chacun à tirer fièrement son autoportrait. Seulement, dès l’instant où notre visage apparaît à l’écran, il est immédiatement masqué par un carré, une croix ou un cercle noir, comme une manière de nous vacciner contre la potentielle moue criarde qui pourrait nous faire basculer, à notre tour, dans l’enfer de la selfite aigüe.

C’est souvent grâce au médium de l’art que se sont joués les plus grands combats de pensée. Ce site web, il faut le préciser, a été créé parallèlement à l’exposition « Black Sun », qui a lieu, depuis le 4 octobre 2015 et jusqu’au 10 janvier 2016, à la Fondation Beyeler de Bâle, en Suisse. Cette exposition présente des travaux de 36 artistes contemporains, d’Alexander Calder à Yves Klein en passant par Lucio Fontana, Mark Rothko ou encore Andy Warhol, tous unis par l’influence immense qu’a eu sur leurs parcours respectifs l’artiste russe Kasimir Malevitch. Considéré comme le père du courant pictural du suprématisme – qui se caractérise notamment par l’emprunt de formes basiques et universelles, et de couleurs primaires et pures, allant à l’encontre des recherches sur la représentation menées par bon nombre d’artistes – Malevitch est connu et reconnu pour ses toiles poussant l’abstraction à l’extrême, allant jusqu’à peindre un carré noir sur un fond blanc, appelé, comme d’évidence, « Carré noir sur fond blanc ». Cette œuvre datant de 1915 fête ses 100 ans cette année, et fut exposée pour la première fois en hauteur, dans un angle de la galerie abritant la « Dernière exposition futuriste de tableaux 0,10 » à Saint-Pétersbourg.

malevitch

L’Anti-Selfie Club fait donc un clin d’œil au maître, en utilisant les formes géométriques symboliques de son œuvre pour effacer toute représentation de nos visages.  Preuve que le suprématisme de Malevitch rayonne encore sur notre époque, il aurait presque le pouvoir de contrecarrer le selfisme ambiant. Le selfie a intérêt à se tenir à carreau…

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Pour devenir « Proud member of the Anti-Selfie Club », c’est par ici.