Cagoles, je vous aime !


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Le mythe de la cagole par un mec qui n’en connait aucune

A ceux qui s’attendent à un article plein de stéréotypes méprisants sur la région PACA, vous allez être déçus. Trouver une cagole à Paris c’est comme tomber sur un Pokemon légendaire, autant dire que c’est rare mais quand ça vous arrive c’est un moment merveilleux.

Pourtant la cagole est omniprésente dans les médias. Oui, c’est elle qui distribue les cartes dans ces obscurs tournois de poker amateurs diffusés sur la TNT la nuit. C’est encore elle qui part à Rio, Las Vegas ou Bangkok pour défendre la grammaire française sur NRJ 12.

Globalement, elle squatte la quasi-totalité des émissions de télé-réalité et nous régale tous les jours avec ses petites phrases. Autoritaire, chiante, émotionnelle, attachante, autant de défauts que de qualités, autant de raisons de nous exaspérer et de nous fasciner, bref, la cagole est un phénomène.

La cagole, c’est le dernier spécimen à assumer le fameux piercing au nez et à porter des lunettes Aviator au moindre rayon de soleil. N’oublions pas de mentionner ses petits débardeurs de couleur et la bretelle de soutien-gorge apparente. Je vous fais confiance pour compléter cette liste en commentaire, entre deux insultes et citations de Maitre Gims.

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Pour les plus haineux d’entre vous, n’oubliez pas de participer au projet «Une insulte, un arbre» organisé par WWF, pour chaque commentaire insultant sur la page de Poutine, un séquoia est planté en Amérique du Sud.

Sur le site du Larousse, la cagole est «une jeune femme extravertie, un peu écervelée et vulgaire ». Bon, c’est pas très flatteur, a priori l’auteure de cette définition est un peu fâchée avec la belle méditerranéenne, ça sent la frigide tout ça.

Une petite analyse s’impose.

Extravertie ? Oui mais comment lui en vouloir alors que nous vivons dans une société qui sacralise cet aspect de notre personnalité. Une société ou être introverti, c’est faire preuve de faiblesse dans un agora médiatique ou l’on écoute celui qui crie le plus fort, pour le meilleur mais surtout pour le pire.

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Ecervelée ? C’est peut-être un peu fort. Oui elle est agaçante, elle fonctionne plus à l’émotion qu’à la raison, privilégie les réactions à chaud mais c’est justement ce qui la rend authentique et sincère. Sur ce point là, elle est en phase avec son temps, entre un président hyperactif qui pondait une nouvelle loi à chaque fait divers et des chaînes d’infos qui sortent un bandeau «Edition Spéciale » dès que Kate Middleton a la nausée.

Et en même temps, les réseaux sociaux font tout pour nous rendre écervelés puisque l’engagement joue sans arrêt sur l’émotion. Faire rire, pleurer ou attendrir l’internaute, c’est le meilleur moyen de buzzer. On a rarement vu un reportage de Public Sénat dépasser les 200 vues sur Youtube, mettez y un chaton c’est une autre histoire.

Vulgaire pour finir ? Les auteurs du Larousse auraient-ils le monopole du bon gout ? Je rappelle que ces mecs sont les premiers à mettre des cravates Babar et des pulls motifs Jacquart. Hein Cristina, que dis tu ? « Alors ça c’est pas possible ma chérie ! ».

 

Cependant il y a une part de vérité dans tout ça, les chances de zapper sur un épisode des Anges et d’entendre « Ferme bien ta gueule Mickael » sont élevées. En tout cas elles sont bien supérieures à celle de croiser Christine Boutin à un concert de Booba.

Bon, on l’aura compris, la cagole n’a pas sa langue dans sa poche et possède un petit penchant pour les slims blancs et talons hauts. Ce même slim qui attire le regard de n’importe quel mec dans la rue, juste avant de se faire foudroyer par sa copine qui glissera un « Qu’est ce qu’elle est vulgaire celle là ».

C’est peut-être pour ça qu’on passe son temps à la lyncher au fond, parce qu’elle arrive à s’assumer, montrer ses formes, résister au diktat de la mode parisienne… Pour toutes ces raisons, laissez moi paraphraser Julien Clerc et chanter « Cagoles, je vous aime ».

Si ça tenait qu’à moi vous seriez classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.