Homme cagoulé armé d’un lance-roquette, simple, inquiétant mais frappant : la signature Shoot the Bank arme les murs.
Peut-être as-tu déjà vu au détour d’une ruelle, ce pochoir représentant un homme cagoulé brandissant un lance-roquette. Ou alors le portrait de Kate Moss aux couleurs plus que voyantes et auréolé de cerises. Sous le pseudonyme de Shoot The Bank se cache en réalité le canadien Jean-Philippe Malot. Ce peintre bombeur influencé très tôt par le travail des grands noms du graff parisien, Steph Cop, Meo, Jonone, Mode 2 et Futura 2000, compte aujourd’hui parmi les artistes qui ont révolutionné l’approche contestataire du street art.
Diplômé en aménagement d’intérieur, ce qui le rapproche de l’architecture sa deuxième passion, JP Malot sait mêler comme personne culture urbaine et ses propres inspirations héritées des années 80-90. Mélanges d’icônes de magazines, de starlettes éphémères et chanteurs pop’ : son univers se veut être un kaléidoscope acide de notre société contemporaine. Autrement dit, ces juxtapositions de collages, pochoirs, graffitis et illustrations, nous rappellent tout ce côté m’as-tu vu et dérisoire des paillettes. Le papier glacé pour le clinquant des idoles, les couleurs tape-à l’œil pour l’arrogance des modèles et enfin les figures de la mode pour dénoncer ce qui disparaît aussi vite qu’il apparaît.
« Je tente de parler de cultures urbaines avant tout. A des minorités, à la masse et à des communautés précises en me servant de différents courants et types d’identifications. Lorsque je réalise une toile par exemple, je sais d’avance à qui je m’adresse et j’y colle des éléments afin qu’un certain profil de gens s’y retrouvent, ceux qui ont ces valeurs, cultures, parcours communs et peuvent facilement s’identifier aussi ou savoir de quoi je parle et quel type de message je veux faire passer ».
Shoot The Bank c’est donc un message. En plus d’être une signature qui marque, elle est avant tout une référence au street art anglais et notamment à l’omniprésent Banksy. Avec ce nom de braqueur, JP Malot s’amuse et laisse éclater sa personnalité dans chacune de ses œuvres. Culture underground, urbaine, hip-hop, graphique, marketing, de la nuit également mais également étude des comportements humains : tout est bon à prendre. A y regarder de plus près, même ses supports peuvent nous rencarder sur le parcours de ce touche-à-tout : toile, mur, papier, sérigraphie, graphisme et bientôt sculpture. Vous et moi pouvons nous reconnaitre dans au moins une de ces œuvres provocatrices et humoristiques mais toujours aussi ironiquement colorées que l’on retrouve aussi bien en galerie à Paris qu’à Ibiza, Glasgow, Los Angeles ou encore Pékin.

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