La performeuse Deborah de Robertis et son vagin virés de scène au TEDxBrussels

« Ouvrir mon vagin, c’est ouvrir ma bouche »

On a pris des nouvelles de Deborah de Robertis, performeuse dénudée dont on te parlait ici. Elle n’en est pas à sa première sortie de scène forcée. Cette artiste qui questionne le nu féminin dans l’histoire de l’art s’est faite traînée hors de la scène d’une conférence TEDxBrussels, le lundi 5 mars 2018. Invitée dans le cadre d’un cycle de conférences intitulé « Brave the world », elle réalise une conférence-performance, sous forme de tableau vivant, accompagnée d’une violoniste et de performers, mettant en avant des images de ses actions vagin à vue, et la censure qu’on lui impose. Une intervention stoppée par les organisateurs, de quoi donner encore plus de poids au message de l’artiste.

deborah de robertis

Deborah de Robertis souligne que le TEDxBrussels avait déjà tenté de la censurer en « signalant sa déprogrammation en raison du non-respect d’une des règles de l’institution : pas de contenus à caractère sexuel », tout ça 3 jours avant le jour J. Par sa force d’argumentation, elle est reprogrammée et se retrouve sur scène, revenant sur son premier coup d’éclat en 2014. A l’époque, elle posait devant l’œuvre de Courbet, L’origine du monde, jambes écartées, vulve apparente. Elle avait également retenu l’attention en projetant son film « ma chatte, mon copyright » depuis son sexe au musée SMAK à Gand.

Deborah de Robertis

Elle enchaîne les performances dénudées au musée d’Orsay, au musée Guimet, au musée des Arts Décoratifs et même au musée du Louvre. Ce qui lui vaudra plusieurs arrestations et jugements pour exhibition sexuelle. Toujours relaxée, elle continue de bouleverser la sphère artistique et médiatique par ses actes militants.

deborah de robertis

Son message ? Dénoncer la passivité et le caractère sexuel imposés à la nudité des femmes. Elle veut utiliser sa nudité comme moyen d’action pour imposer son discours d’où le fameux « ouvrir mon vagin c’est ouvrir ma bouche ». Un message peu compris par les organisateurs du TedxBrussels, qui ont traîné Deborah de Robertis dans les coulisses. Fouillée, on lui réclame ensuite de force les images filmées. Des coups sont échangés. Les deux camps portent plainte.

deborah de robertis

À la suite de ce scandale, le TEDxBrussels s’est vu retirer sa licence TED (Technology, Entertainment, Design), label de conférences ayant pour mission de « propager des idées qui en valent la peine ». L’artiste attend toujours une réponse de la maison-mère TED aux États-Unis.  Pour « braver le monde » de l’art, on repassera donc.

Plus d’information ici : Deborah de Robertis