Quand les métros servaient de toile aux graffeurs de New York
Ce n’est pas à New York que le graffiti apparaît en premier, mais à Philadelphie en Pennsylvanie. Au cours des années 60, Cornbread a investit toute la ville de sa signature pour attirer l’attention d’une jeune femme. Cet acte va déclencher un engouement énorme au tour de la méthode vandale, car elle prône autant l’idée de la dégradation que de l’interdit. C’est la naissance des « writers ».

L’arrivé du graffiti à New York
Le graffiti débarque ensuite dans le Bronx. Des précurseurs comme Taki 183, Tracy 168, Stay High 149 ou Julio 204 écrivaient leurs pseudonymes suivis de leur numéro de rue partout dans la ville. Le but ? Marquer New York et ses banlieues !
Ces jeunes attirent l’attention de la population. Le problème ? La plupart ne voient de l’art dans le graffiti, mais plutôt du« vandalisme ». Ils veulent que ces inscriptions disparaissent, mais le coût est trop élevé pour tous les supprimer.
« Je travaille, je paie mes taxes comme tout le monde et les graffitis ne font de mal à personne. Pourquoi s’attaquent-ils aux êtres les plus petits ? Pourquoi ne s’attaquent-ils pas aux campagnes électorales qui mettent des stickers partout ? » a affirmé le célèbre Taki 183.

Création de crew
Le réel déclencheur du mouvement est le métro. En 1968, de plus en plus de trains entre Philadelphie et New York circulent. Les graffeurs des deux villes y voient un moyen d’exprimer leur rivalité.
Au fil des années, le nombre de graffeurs grimpe. Nous sommes en 1970 quand la réputation de ces « writers » se forgent vraiment. Des crews (= groupe) vont même se créer afin de frapper encore plus fort. Des plus connus, on peut citer « The Nation’s Top », « The Magnificent Team », « Crazy Inside Artists » ou encore « Soul Artists ».
Ces groupes étaient très hiérarchisés. Le « king » s’occupait de monter le projet et le « toy » remplissait les surfaces et préparait les bombes. Le rôle du « writer » avait changé. Il avait un rôle secondaire, il servait maintenant à aider le « king » dans la création de son projet. Appartenir à un crew était un réel signe de reconnaissance, vous aviez une importance au sein du mouvement graffiti.

1975 : l’âge d’or du graffiti
La forme des graffiti va par la suite se développer. Elle sera davantage travaillée. Elle passera d’une écriture simple, à une écriture plus grosse et plus recherchée. De la couleur sera aussi rajoutée. Pour faire cette évolution, les graffeurs se sont inspirés d’autres formes d’art telles que la publicité ou la bande dessinée.
Avec la montée des crews, la concurrence s’installe et les graffeurs deviennent de plus en plus compétitifs. On assiste même à des guerres de style. La ville de New York se retrouve très vite envahit de graffiti. Mais les autorités commencent à vouloir stopper ce « vandalisme ». Les graffeurs vont donc rapidement trouver l’accès aux souterrains du métro pour éviter de se faire arrêter. Pour eux, le métro est un support et surtout un moyen de diffusion parfait !
La presse et les intellectuels commencent à s’intéresser à ce nouvel art. Henry Chalfant et Martha Cooper, deux photographes, vont même éditer un livre, Subway Art. C’est le premier livre qui parle du graffiti, et qui le reconnaît comme tel ! Ils auront permis à ce mouvement de se faire connaître, et de s’étendre dans d’autres villes !


Malheureusement, les autorités new yorkaises vont livrer une guerre sans merci aux graffitis des trains et des métros. Les contrôles de nettoyages renforcés vont entraîner un fort recul des tags illégaux. Certains vont persévérer, mais beaucoup vont finir par se tourner vers les galeries.



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