(Re)découvrez le plus célèbre Némésis de Playboy : Playgirl

Playgirl se dévoile dans de multiples anecdotes parfois cocasses

Créé en 1973 par Douglas Lambert, Playgirl se veut être un magazine lascif et innovant. Surfant sur la vague féministe, alors en plein essor avec le mouvement de libération de la femme, et en réponse aux très appréciés Playboy et Penthouse, le mensuel a su pendant un certain temps tirer son épingle du jeu. Mais ça c’était avant.

Playgirl

Racheté en 1977 par Ira Ritter, le magazine pris un tournant plus « intellectuel » en mettant en avant des articles inédits pour l’époque avec des sujets tels que l’avortement, le cancer du sein, l’égalité des droits et autres sujets politiques, le tout entrecoupé de shootings d’hommes nus. Un petit ovni dans le monde de la presse magazine, qui contribua un peu, beaucoup, à la révolution sexuelle des femmes. « Il fallait être vraiment simple d’esprit pour penser que les hommes regardaient des photos de femmes nues de la même manière que les femmes regardaient des clichés d’hommes nus », raconte l’ex-rédactrice en chef Zina Klapper.

Depuis ces 30 dernières années, Playgirl a souffert de la montée des opinions divergentes à son propos et est malheureusement tombé, selon certains, dans le domaine de la pornographie LGBT. Ce qui se voulait à ses débuts être un magazine féministe et révolutionnaire, n’est plus aujourd’hui qu’un site vitrine, exposant des hommes à poil (ou très légèrement habillés) et proposant des services de webcam. Leur dernière activité print remonte à 2007. Triste fin pour le mensuel américain qui fut le seul à se dresser face aux mastodontes masculins (Playboy et Penthouse pour ne citer qu’eux) et à renverser les codes de l’érotisme.

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Mais au-delà de la disparition d’une légende du genre, Playgirl c’est aussi des anecdotes surprenantes et pas toujours drôles de photographes, mannequins, éditeurs et autres collaborateurs. On vous a fait une petite sélection, sans langue de bois :

Ira Ritter, chargée des publications de 1974 à 1986 : «  Notre but était de traiter les femmes comme des personnes. A cette époque, elles étaient perçues comme des objets sexuels (ou censé être), seulement intéressées par le ménage ou occupées à servir leur mari. Nous étions un magazine vraiment menaçant pour les hommes. Si en rentrant ils trouvaient leur femme en train de lire Playgirl, souvent ils arrivaient à la conclusion : m’aime-t-elle encore ? ».

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Dian Hanson, éditrice : “Les premières personnes que je me rappelle avoir vu acheter et apprécier le magazine, étaient les femmes de ménage de l’hôpital ostéopathique où je bossais en Pennsylvanie. Elles étaient toutes d’âge moyen, de la classe ouvrière et chaque mois elles avaient leur édition du magazine, qu’elles lisaient pendant leur pause ».

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Neil Feineman : « En 1979, lors de ma première conférence de rédaction, il y avait une énorme dispute au sujet des mannequins qui devaient avoir la trique. Nous étions au restaurant et j’étais assis là avec toutes ces femmes, trois martinis dans le nez, à écouter leur prise de bec. Je me souviens qu’un serveur me regardait du style : « Qu’est ce qui se passe ici ? ». Je lui réponds que « C’est mon premier jour au travail. Je n’ai aucune idée de ce qui est en train de se passer et je suis mortifié ».

Brian Dawson, mannequin pages centrales, avril 1978 : « Ils ne voulaient pas de d’une érection trop intense, donc le photographe a pris des clichés au fur et à mesure que je redescendais…leur donnant ainsi l’opportunité de sélectionner le degré d’érection qu’ils voulaient publier ».

Simon Cherpitel, photographe en 1974 : « Leur règle était que si je montrais un pénis et qu’il était en érection, je devais le faire flotter dans de l’eau ou autre, pour que l’on puisse dire que ceci n’est pas un pénis en érection ».

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