Walker Evans, capture de l’Amérique en crise

Walker Evans, la capture du mal-être induit à la société américaine

Né en 1903 à Saint-Louis dans le Missouri, le photographe Walker Evans s’est attaché toute sa vie à photographier les gens ordinaires, les anonymes dans leur quotidien, sans leur demander de prendre la pose et sans mise en scène. Il a dépassé le photoreportage en capturant la misère paysanne, la grande dépression des années 30, l’oppression de la vie moderne. Ses clichés racontent une Amérique, non celle de la société de consommation émergente et de l’opulence, mais celle d’une population abandonnée à elle même, des grandes villes aux bourgades du Sud du pays. Il révèle ainsi au spectateur les visages de l’Amérique pauvre.

Amateur de littérature française, il a d’ailleurs passé, en 1926, un an en France où il étudia la littérature à la Sorbonne. Les grands auteurs ont influencé sont travail de photographe :

Flaubert m’a fourni une méthode, Baudelaire un esprit. Ils m’ont influencé sur tout.

C’est en 1928, après plusieurs essais ratés dans la littérature qu’il s’achète un appareil photo. En 1935 il expose aux côté d’Henri Cartier-Bresson. Suite à une commande du magazine Fortune, Walker Evans voyage avec l’auteur James Agee dans l’Alabama rurale pour rendre compte de la misère paysanne. Ce voyage donne naissance à l’ouvrage Let Us Now Praise Famous Men, collaboration entre l’auteur et le photographe. En 1950, il se lance dans la photographie des paysages industriels américains. Après avoir travaillé au Time en 1943 et au Fortune durant près de 22 années, Evans abandonne la presse en 1965 pour enseigner son art à l’université de Yale.

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Walker Evans décède chez lui à New Haven dans le Connecticut le 10 avril 1975, laissant derrière lui la représentation d’une Amérique souffrante et miséreuse à tous spectateurs désirant s’en rendre compte. Si tu souhaites admirer la force de son travail, une rétrospective lui sera consacrée au centre Georges Pompidou du 26 avril au 14 août 2017. Tu peux aussi te procurer son fabuleux ouvrage Let Us Now Praise Famous Men juste ICI.