Le Baclofène pour arrêter de boire de l’alcool

Stopper l’alcoolisme grâce au Baclofène relève du miracle médical.

En France chaque année, environ 20 000 personnes meurent de l’alcool. Problème de santé publique d’une importance non-négligeable, l’état ne prend pas pour autant les mesures nécessaires afin d’aider les personnes victimes du fléau de l’alcool… Et oui, la boisson est en vente légale, tout comme le tabac, le plus grand meurtrier de toute l’Histoire. 

baclofene

La découverte imprévue d’un médecin alcoolique et cocaïnomane.

En 2004, le médecin français Olivier Ameisen constate que depuis plusieurs années, l’alcool et la cocaïne ont eu raison de lui. Il décide alors de tester le Baclofène en quantité supérieure à la dose quotidienne conseillée. Quelques mois plus tard, il est sous le choc : il n’a plus du tout envie de boire et sa consommation de cocaïne a fortement baissée. Même chose pour le patient d’un hôpital psychiatrique qui, grâce au Baclofène, est passé de 3 grammes de cocaïne par jour à « seulement » un gramme. Miracle ? Peut-être bien que oui, mais le problème n’est pas là. À l’origine, le Baclofène est un myorelaxant utilisé pour détendre les muscles des personnes souffrant de sclérose en plaque par exemple. Mais Olivier Ameisen a prouvé que pris en très haute quantité, le médicament permet de réduire la sensation de dépendance à l’alcool et à la drogue.

C’est à ce moment que les avis divergent dans la grande famille des sciences. D’un côté, ceux qui affirment avoir trouvé en le Baclofène LA solution que bon nombre d’alcooliques espéraient trouver. De l’autre côté, ceux qui rejettent l’idée d’abstinence « involontaire », dans le sens où elle ne serait pas le résultat d’un réel effort et d’une prise de conscience. Donc pas méritée.

« Bacloville », une étude au résultat surprenant.

Dans le documentaire diffusé sur Arte réalisé en 2013 par Marie-Pierre Jaury, « Alcoolisme : la promesse du Baclofène », la journaliste cherche à dénouer le vrai du faux au sujet de ce médicament miracle. On y suit avec elle le déroulement de l’étude Bacloville faite en 2012, sur des personnes ayant une consommation d’alcool à haut risque. L’expérience consiste en l’analyse du comportement des alcooliques tout au long d’un traitement à base de Baclofène, ou d’un placebo – médicament neutre -. Les médecins pourront savoir si oui ou non, le Baclofène a un effet réellement efficace pour lutter contre l’amour du whisky-chéri.

Le résultat est impressionnant. Les médecins constatent que les alcooliques boivent quotidiennement beaucoup moins, de même que 50% du même échantillon s’abstient carrément. Le craving est moins intense, la sensation de besoin a donc fortement diminué… Manque de bol, la science constate aussi que des troubles psychologiques et neurologiques apparaissent à raison de la prise d’une forte dose de Baclofène, sur une longue période. Certains médecins affirment que le médicament, détourné de son utilisation première, est le facteur du suicide de plusieurs personnes. Selon eux, il provoquerait dépression et perte de contrôle. Sauf que ce type de pathologie n’est clairement pas lié au médicament, mais plutôt à l’état moral dans lequel se trouvent les personnes qui boivent. Coupées de leur famille et du monde extérieur, en décalage avec ce qui se passe autour d’elles, ces personnes sont dès cet instant exposées à la dépression, et donc à un potentiel suicide.

À LIRE :   KFC jusqu’au bout des ongles…
baclofene

Une législation française plutôt frileuse.

Pour ce qui est de la loi, en France, le Baclofène est de plus en plus prescrit par les médecins, bien qu’aucune autorisation de mise sur le marché n’aie été délivrée. En effet, pour traiter la dépendance à l’alcool ou à la drogue, le médicament doit être pris en plus grande quantité que celle considérée comme « normale ». Depuis mars 2014, il a pourtant réussi à bénéficier d’une Recommandation Temporaire d’Utilisation (RTU), permettant d’être prescrit. Attention, des contre-indications sont à respecter, et les médecins ne sont vraiment pas tous pour…

Sources à lire et à écouter : stop-alcool.ch
Alcoolisme, la promesse du Baclofène
Franceinter.fr

Elisa Barbier