La tatoueuse Léa Nahon nous raconte sa Belgique en dessins.

Les spots made in Belgique de Léa Nahon, une tatoueuse qui sait ce qu’elle veut.

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Léa Nahon fait partie des grands noms du tatouage européen. Son style pictural un peu trash et destroy font d’elle une artiste accomplie et respectée qui aime bien tatouer la tête de ses potes sur ses nombreux clients. Après avoir exercé pendant de nombreuses années au salon bruxellois La Boucherie Moderne, elle ouvre son propre salon, cette fois-ci à Liège. L’Usine est installée dans son fief, là où la Meuse coule paisiblement et les entrepôts habillent l’horizon.

Petit récapitulatif de son travail d’artiste et de tatoueuse !

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C’est à l’occasion de sa venue au Mondial du Tatouage de Paris, qui eut lieu du 3 au 5 mars 2017, que nous avons fait sa rencontre. Une pinte de bière à la main, et une clope dans l’autre, on a parlé de ses habitudes, de ses bons plans et de ses spots préférés, tout en dessinant.

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Elisa _ Dans quel bar faire la teuf ?

Léa _ Au Lou’s Bar (1) à Liège. J’y vais parce que je suis fan d’un groupe qui s’appelle Stinky Lou and the Goon Mat. Quand je suis arrivée à Liège, je me suis bourrée la gueule avec mon mec avant qu’on finisse dans ce bar, comme ça. Là, je vais aux toilettes et je vois une affiche de ce groupe. Pour moi c’était des super re-sta, alors je sors et je gueule l’info, et un mec me dit que c’est un des membres qui est le patron du bar. Ce mec là est devenu un pote, et ils ont même joué pour l’ouverture de mon shop. Je dessine leur logo, là.

E _ Où iras-tu décompresser de l’infernal Mondial du Tatouage à Paris ?

L _ Je vais rentrer à la maison et je vais aller décompresser sur mon bateau (2) ! Il s’appelle le Rainbow, et est dans un chantier naval pour le moment car on est en train de le retaper. Du coup, c’est calme, tu as la Meuse qui passe, ça fait du bien. A terme, ça deviendra notre maison, on naviguera où on veut.

E _ Où vas-tu manger un bon petit plat des familles ?

L _ Il faudrait que je dessine la tête de Yolande Moreau… C’est La cuisine de Chez Yannick (3) à Liège, c’est mon restaurant préféré. La serveuse ressemble comme deux gouttes d’eau à l’actrice Yolande Moreau, elle parle pareil et tout le monde la confond avec. J’adore ce restaurant parce que c’est le vieux restaurant des familles. Je dessine à la place un cerveau, je sais plus à quoi ça ressemble un cerveau de l’intérieur, j’ai perdu le mien au Mondial du Tatouage… ! J’aime beaucoup aller bouffer là-bas, c’est de la bonne bouffe de grand-mère bien faite. Là-bas, elle fait de la cervelle en entrée, et c’est délicieux !

E _ Où avoir la plus belle vue de Liège ?

L _ Du bateau (4). Désolée, là je la fais fastoche. C’est une vue industrielle, mais je l’adore. Tu as des montagnes de trucs noirs, de déchets non-identifiés de je-sais-pas-trop-quoi.

E _ Tu fais beaucoup de portraits au style fortement inspiré de la BD. Qui sont ces personnes dont tu fais le portrait ?

À LIRE :   Le street art engagé des artistes anti coupe du monde.

L _ Ce sont mes potes, la plupart du temps. C’est la photo qui fait le dessin. Je vois une photo, et je vois un dessin. En général je shoote à fond, pendant des teufs, on a des têtes pas possibles. Les personnes que je tatoue savent que ce sont des potes, mais ils ne connaissent pas l’identité de la personne exacte. Ils se créent une propre image et signification du portrait. Le tatouage évoque quelque chose de différent à chaque personne. Je suis contente que mes dessins aient une seconde vie sur les peaux ! Au début, je n’avais pas cette démarche, mais à force, c’est devenu rébarbatif de dessiner cinq fois Le baiser de Klimt. Du coup, j’ai commencé l’autre démarche il y a trois ans, et c’est beaucoup plus kiffant.

E _ Où aller voir de l’art comme tu l’aimes ?

L _ Je dirais au Louvre, car ça reste quand même l’endroit où sont exposés les plus beaux tableaux au monde : La Joconde et le Radeau de la Méduse. J’étais au Vatican il y a quelques semaines dont la chapelle est vraiment magnifique ! J’ai jamais vu un truc aussi beau de ma vie. Tu t’en prends la gueule, dès que tu regardes partout, il y a des colonnes, c’est sublime ! La chapelle Sixtine (5), c’est juste dingue.

 E _ Où aller bootyshaker ?

L _ À Brighton, The Haunt (6). Tous les samedis soirs c’est 80’s night, ça finit à 4H du mat’, et pour finir ils passent la chanson « Time of my life » de Dirty Dancing. A chaque fois que je suis à Brighton, j’y vais.

E _ Un salon de tatouage à ne pas rater ?

L _ L’Usine (7), le mien, il est trop bien, on fait des concerts et des expos. Et puis il y a de la lumière, ce n’est pas dans une cave. Je dessine une usine, parce que c’est en honneur d’un superbe bâtiment à l’entrée de Liège qui dénote clairement avec mon salon lumineux.

E _ L’endroit où tout oublier ?

L _ On dirait une fleur de pavot, c’est un peu foiré mais c’est un chardon qui représente l’Ecosse (8). J’ai découvert récemment, mais j’adore Tobermory, un petit port. J’aimerais bien habiter là-bas. Je kiffe tout, j’y suis bien et je suis aux couleurs locales (ndlr : Léa a les cheveux roux). Ce que j’aime bien c’est être dans une maison isolée, et c’est d’ailleurs ce que je vais faire très bientôt ! Cinq jours isolée au Nord de l’île de Skye, dans un endroit ou il n’y a rien pour que je puisse dessiner sans m’arrêter.

Les adresses

Lou’s Bar à Lièges
La Cuisine de Yannick à Lièges
Musée du Louvre à Paris
The Haunt à Brighton
L’Usine à Lièges
Tobermory et l’île de Skye en Ecosse

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Merci à Léa Nahon pour cette rencontre drôle et spontanée.
Elisa Barbier