Tatouages au sein du plus dangereux gang d’Amérique Latine

Traditions, valeurs et codes font partie du gang, notamment le tatouage.

Théâtre d’affrontements plus sanglants les uns que les autres, la république du Honduras, le Guatemala, l’état de Salvador, le Nicaragua et une partie des Etats-Unis sont le terrain de jeu de deux gangs ultra-puissants : la MS13 et la Mara 18, aussi appelée Barrio 18. Ce sont des gangs armés impliqués principalement dans le trafic de drogue, et implantés en Amérique Centrale. Très ancrés dans la solidarité et l’entraide , ces gangs sont pour les membres bien plus qu’une équipe. Ce sont des familles où chaque personne devient un repère pour l’autre, avec ses rites, ses traditions et ses valeurs. De ce fait, les signes visibles y sont majoritairement utilisés comme moyen d’identifier l’autre, pour le meilleur ou pour le pire. 

Mara Salvatruch 13 et Barrio 18

Le nom du premier gang, MS13, signifie Mara Salvatrucha 13. Mara est le raccourci du mot marabunta, désignant une race de fourmis carnivores d’Amérique Centrale réputées pour saccager et manger tout ce qui se trouve sur leur passage. De la même manière, salvatrucha vient de salvatrucho, qui veut dire jeune combattant en salvadorien. Au sein de ce gang, le rite d’initiation consiste parfois en l’assassinat d’un innocent pour prouver sa bravoure, et plus souvent en un passage à tabas du nouveau membre par les anciens, durant 13 secondes. Le nombre 13 de la MS13 symbolise la 13ème lettre de l’alphabetle M -, associée au nom de la mafia mexicaine avec laquelle la MS13 collabore, eMe.

Le Barrio 18 est le principal gang rival de la MS13, responsable de la mort de plusieurs milliers de personnes en Amérique Centrale. Il tient son nom de la 18ème rue de Los Angeles en Californie du Sud où il est né, c’est pourquoi on peut aussi l’appeler le 18th Street ou le Barrio 18. Les membres les plus jeunes sont parfois âgés d’à peine 8 ans… mais la plupart font leur intégration entre 11 et 17 ans.

Se reconnaître grâce aux tatouages et aux signes de main

Comme toute communauté qui se respecte, les gangs ont leur propres signes distinctifs établis et reconnaissables par les autres. Ainsi, les tatouages et les signes de main sont les plus facilement visibles dans la rue, et rapidement identifiables. Se faire tatouer est un acte irréversible que les membres méritent après avoir commis délits et crimes, et devient alors une sorte de récompense de la part des membres plus importants. C’est une preuve de loyauté envers le reste du groupe, et lorsque le visage est « décoré », c’est une preuve d’appartenance pérenne.
Ainsi, on retrouve souvent La vida pro las matas ou The life for the gang, de même que simplement le nom ou les initiales du gang auquel une personne appartient. Pour la MS13, on se tatoue Mara Salvatrucha, MS13, 13, ou XIII en chiffre romain. Les toiles d’araignées, les tombes, les barbelés ou les figures de démon font souvent partie des nombreux tatouages portés par les membres du Barrio 18 ou de la MS13, ceux-ci évoquants le parcours, la vie, les épreuves qu’ils ont traversées. Un crâne signifie le meurtre et se trouve en général sur les chevilles. Un mirador évoque la prison, et une larme, très courante sur le visage, montre l’implication dans un meurtre. Aussi, trois points tatoués sur la main ou le visage signifient les trois « ordres » qui régissent la vie d’un gangster : dinero, drogua y mujeresargent, drogue et femmes –.

Les gangsters utilisent les signes de main pour communiquer silencieusement et discrètement entre eux. Ainsi, faire semblant de retirer son t-shirt annoncerait un combat; se frotter le ventre voudrait dire que l’on s’apprête à tirer; et se frotter l’épaule, à poignarder. Les cornes de diable faites avec les doigts sont très souvent visibles sur les portraits ou photographies du Barrio 18 ou de la MS13, symbolisant le Diable, tout simplement.

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Si le tatouage a longtemps fait partie des règles d’un gang, il serait pourtant aujourd’hui remit en question et petit à petit remplacé par d’autres signes d’appartenance comme la coupe de cheveux ou la marque de basket portée. La faute a l’évolution du pouvoir des gangs sur l’économie d’une ville, celui-ci allant maintenant plus loin que le « simple » trafic de drogue en prenant la main sur les commerces. Le gang se transforme peu à peu en mafia.

Un récit photographique des membres

Le réalisateur Christian Poveda a documenté la vie du Barrio 18 de Salvador dans un film intitulé La Vida Loca. Il a aussi photographié plusieurs membres de ce gang en mettant en avant les tatouages de ces derniers, proposant une lecture neutre et objective de la vie de ces personnes. À des années lumières des nôtres. Le 2 septembre 2009, il a été assassiné de quatre balles dans la tête à Salvador, juste après le tournage de La Vida Loca. Étrange coïncidence…

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El Santo
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Argentina Marisol Pacas aka La Tigria
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Fransisco Portillo Lopez aka El Grenas
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Jose Enrique Salvador Peralza ala El Gangster de Iberia
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Jessica Siomara Avalo Caceres aka La Chola
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Carlos Antonio Avalos aka El Killer
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Saul Elias Carpio aka El Maligno
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Edgar Mauricio Ramos Galdamez aka El Diablo
Elisa Barbier