Récit d’un week-end au Paco Tyson, plein de rire et de son

Paco Tyson, ou l’occasion de rencontrer le public nantais d’un festival en devenir.

Samedi 15 avril, 5 heure du matin, Paris.

Mon pote Flo chez lui, et moi dans mon appartement, on se lève aussi difficilement l’un que l’autre. Temps de sommeil : 3 heures. Stress de raté notre covoiturage à l’autre bout de Paris : 90%. On traverse la capitale endormie au petit matin, un grand café à la main, direction Nantes pour le festival Paco Tyson que l’on attend depuis plusieurs mois. Malheureusement, nous n’avons pas pu partir la veille pour nous rendre au premier soir de fête, faute de temps et d’énergie pour voyager une partie de la nuit. Heureusement, nous sommes bercés par le ronron de la voiture où nos fesses ont pris racine, nos yeux réveillés 4 heures après.

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On est làààààààà !

11:00, Nantes.

Temps gris et chaleur absente, on admire la kitschitude du tram qui nous emmène dans le centre-ville, à quelques rues de notre logement. On a du mal à se réveiller, mais la joie est quand même là, tout comme l’impatience d’être dans le son ! Flo et moi, touristes invétérés, allons voir tout ce que la ville de Nantes a à offrir. Machines de Nantes, bords de Loire, Blockhaus, Hangar à Bananes, Paté Gaumont, place du Commerce et passage à la Mie Câline pour acheter un cookie. On est bien-bien-bien !

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15:00-23:00, Nantes.

Flo et moi nous jetons dans le lit pour un combo gagnant de tout bon festivalier-teufeur : grosse sieste + grosses courses + grosses pâtes au pesto + gros apéro. On est deux, et on est ultra chauds.

00:00, Nantes.

Le bus C6 partant du centre en direction du parc de la Chantrerie au nord-est de Nantes est clairement blindé, et un peu long. Beaucoup de kidz à bandanas et TN, quelques personnes plus âgées amatrices de rapta – soirées –, et nous, en mode observateurs. Les gens ont l’air vraiment trèèèès trèèèèès chauds….et se saoulent à la vodka-orange.

1:00-2:30, scène techno, Paco Tyson.

Ce soir, de beaux et grands artistes se succèdent sur chaque scène dédiée à un style de musique électronique. Un chapiteau pour la techno, un pour la house, et un pour la trance/hardcore, sans oublier une mini-scène tenue par la Station Rose jusqu’à 2 heure du matin. C’est sûr, il y en a pour tous les goûts ! On constate avec bonheur que la foule a répondue présente, comptant des nantais, des bretons, des parisiens, des tourangeaux – habitants de Tours – et même des lillois. Pas de doutes : Paco Tyson envoie du steak à plus de 500 kilomètres. Serait-ce la faute aux artistes bookés par les organisateurs ? Peut-être… Derrick May, Paul Ritch, Ben Klock, The Driver, Inigo Kennedy, Unforseen Alliance, Mike Servito, Captain Hook, Coming Soon!!!, Joy Orbison, The Sickest Squad et compagnie sont là, aussi puissants que les artistes de la scène locale que Paco n’a pas oublié. Si la scène techno où joue Ben Klock est, de mon point de vue, trop saturée – de gens et de basses – pour être savourée, le public n’en est pas moins agréable, souriant et détendu. On préfère cependant retourner à la scène trance que nous avons croisée en arrivant… avec des papillons dans le ventre !

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3:00-3:30, bar, Paco Tyson.

Migration de nos petites têtes dansantes vers du son plus énervé :  passage au bar et aux toilettes forcé. Le seul point de vente des boissons du festival ressemble à un premier jour de soldes chez H&M… Je ne manque d’ailleurs pas de reprendre deux mecs qui nous doublent, sans scrupules, et nous bousculent. Gros point positif pour la qualité des bières proposées, le Breizh Cola et le Club Maté que nous n’avons jamais vu en festival ou en soirée auparavant ! De même pour le Cashless, utile et rapide, ainsi que les prix tout doux ! Le stress de la promiscuité avec ces inconnus assoiffés s’attenu alors rapidement. Direction le son.

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3:30-6:00, scène trance, Paco Tyson.

Coming Soon !!! et Captain Hook nous mettent ultra-bien avec de la trance progressive comme on aime. La scène est plus petite que celle dédiée à la techno, offrant une meilleure qualité sonore et un peu plus d’intimité entre les gens. Ils se sourient, discutent entre eux, se rencontrent et sautent dans tous les sens, ensemble. Et là, c’est vraiment la folie…! Une aussi bonne ambiance est rare, et retrouver la joie de danser comme des oufs pendant plusieurs heures sans s’arrêter fait un bien incroyable. On y reste donc jusqu’à la dernière minute et la dernière seconde.

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6:30, arrêt de bus de la Chantrerie, Nantes.

Fatigués mais heureux, Flo et moi nous dirigeons vers le bus qui nous rapprochera de nos lits. La route est parsemée de survivants – peu nombreux, il faut le dire – avec lesquels on discute sans s’arrêter. Puis, le crew de potes venus spécialement de Tours que l’on rencontre nous chamboule ;). Tous la trentaine mais plus d’énergie que Flo et moi réunis, ils nous font rire comme des baleines (ouais,ouais) jusqu’au seul PMU ouvert le dimanche matin à Nantes. Café, puis bière et whisky dès 10:30, on est tous encore hyper chauds, tout comme les autres festivaliers en after-café-vodka. Eux nous disent qu’ils ont passé un festival juste incroyable malgré les 72 heures sans dormir qu’ils viennent de traverser, avec un son plutôt bien réglé, des set et des live maîtrisés, et des bénévoles plein d’amour et de sagesse.

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Si l’on a pu être parfois déçus, cette première édition est objectivement une réussite avec des artistes attendus et applaudis par un public présent les deux jours du festival, et une organisation soucieuse de faire plaisir à tous et surtout autonome. Le résultat est là, et on a vraiment hâte de venir aux prochaines éditions du Paco Tyson !

PS : Merci de ne pas en vouloir à mon superbe Nokia 800 pour le grain incrusté sur les photographies.
Ça donne un style que j’assume ! 😉
 Elisa Barbier