Au pays de Gandhi, les étudiants africains pris pour cible

Une communauté soupçonnée de sorcellerie et de cannibalisme

Ils sont nombreux loin de chez eux à occuper des logements de plus en plus éloignés du centre des agglomérations. D’abord bien placés, les étudiants africains ont peu à peu été forcés de s’éloigner. Certains vivent aujourd’hui à plus de deux heures de train des campus (et les trains en Inde c’est autre chose que le métro de Paris, déjà bien chargé aux heures de pointe). Et dans le pays, certaines personnes s’élèvent, seules contre tous, pour dénoncer ce racisme qui s’étend doucement, jusqu’à affirmer que leur pays est malade de cette discrimination envers les africains.

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Et ça va parfois (souvent même) beaucoup plus loin que ça. Passages à tabac, viols en réunion, prix plus élevés pour les noirs… La vie en Inde n’est pas de tout repos pour les africains expatriés. Quatre amis, étudiants en informatique et en gestion, ont même été pris à partie dans le métro. Des policiers ont d’abord tenté de protéger les quatre étudiants, avant de battre en retraite devant la fureur des assaillants. La vidéo, diffusée sur YouTube, laisse peu de place à l’imagination. Retranchés sur le toit d’une cabine d’attente, les étudiants noirs n’ont pas d’échappatoire. Plus tard, un étudiant congolais a même été pourchassé puis lapidé à coups de briques. Et la plupart du temps, les agresseurs ne sont ni retrouvés ni jugés. A cela s’ajoutent des difficultés rencontrées pour se loger. Quand ils parviennent à trouver un toit, les étudiants africains sont parfois délogés au bout de quelques mois, la faute à des plaintes du voisinage.

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Pourquoi tant de haine ? Si quelques unes des raisons avancées peuvent paraître étonnantes (on accuse les congolais, notamment, de s’adonner au cannibalisme et à la sorcellerie), d’autres sont plus crédibles pour les occidentaux que nous sommes. L’Inde, malgré un passé colonial conflictuel, reste un pays où la peau claire est admirée. Beaucoup de publicitaires affirment qu’une montre portée par un mannequin blanc se vendra mieux que si elle avait été portée par un modèle local sur les affiches. Du coup, les représentants de la communauté noire sont vus comme des voleurs. Les femmes, malgré la température élevée, n’osent plus s’habiller court et sont considérées comme des filles faciles, au point que certaines se font parfois violer. Pour beaucoup, 20h est l’heure après laquelle il ne faut plus sortir.

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La plupart des étudiants africains en Inde sont originaires du Congo, du Gabon ou encore du Burkina-Faso. Attirés par une scolarité de qualité et des frais peu élevés, ils sont pourtant nombreux à envisager de partir poursuivre leurs études dans un autre pays, quand ce n’est pas pour rentrer chez eux définitivement.

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