Retour sur les freak de la génération psychédélique avec Gilbert Shelton

La bande dessinée alternative de Gilbert Shelton

Gilbert Shelton a fait ses armes dans la contestation des campus américain des 60’s. Il réussit à échapper à l’armée grâce au LSD et au peyote (pas encore illégal à ce moment), en se faisant réformer en raison de son diagnostique mental.

Sa carrière de dessinateur commence dans son enfance lorsqu’il dessine pour le journal des scouts. Plutôt amateur des cartoons Tex Avery que des Marvels, il invente pourtant à l’université le personnage de Wonder Wart-Hog, caricature de super-man en version phacochère. C’est d’ailleurs sur les différents campus qu’il se fait des contact dans la bande dessinée underground qui se popularisera dans les mid 60’s.

 

L’engagement politique de Shelton débute en écrivant dans les journaux gauchistes.  Il affuble la guerre du Vietnam, à travers les colonnes de l’hebdomadaire The Rag, lui créant ainsi une réputation de porte parole de la contestation. C’est ainsi que lui vint ses débuts de bandes dessinées contestataires avec le premier numéro des Freak Brothers en mai 1968. Fat Freddy, Freewheelin’ Franklin et Phineas Freakears, les personnages de la bd cristallisent les préoccupations de la génération Vietnam. Son album est quasiment une œuvre historique et sociologique car la bande dessinée dépeint cette société américaine contemporaine tout en soulignant les inégalités sociales, les paradoxes sociétaux et les besoins contemporains.

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En 1969, Gilbert Shelton cofonde avec Fred Todd, Dave Moriarty et Jack Jackson, la maison d’édition Rip Off Press, spécialisée dans la bande dessinée et la littérature pour adultes. Un de leurs ouvrages phares, Psychedelic Chemistry, apprend comment cultiver, synthétiser et cuisiner sa dope. La presse et la maison d’édition leurs permettent de s’autoproduire et d’autoéditer leurs œuvres. Son Fat Freddy’s Cat, devint un succès imminent.

Trop jeune pour avoir été un beatnik, et plus vieux que les hippies de la génération psychédélique, Gilbert Shelton s’est toujours retrouvé à la marge de ces mouvements sans se situer à la marge sociale. C’est grâce à son travail et à sa maison d’édition que San Francisco est devenu la capitale américaine de la bande dessinée indépendante. Aujourd’hui, il refuse toujours de rendre le crayon, ce qui laisse présager de futurs planches du comics freak.

Tu peux retrouver la collection des Freak Brothers sur Amazon, d’ailleurs, le premier volume est d’ailleurs disponible juste ICI.

Olgnac-Lehcim