Boomtown, la ville la plus délurée au monde

Plus qu’un festival, un monde parallèle

Tout festival digne de ce nom se doit d’avoir une identité sonore et visuelle qui lui est propre. Cela lui permet de se démarquer des autres rassemblements et d’attirer un public qui se reconnaitra dans l’identité du festival ou de quiconque aimerait participer à ces « micro-sociétés ». Par exemple, le Burning Man joue sur le rassemblement steampunk dans un désert, créant ainsi une société éphémère au look post-apocalyptique à la Mad Max. Le Boom Festival, pour sa part, se place dans l’idéal communautaire hippie, un rassemblement mystique teinté d’orientalisme sur fond de psy-trance. Chaque festival a ainsi ses propres rites et traditions qui lui permettent de se démarquer des autres grands rassemblements.

Pensé comme une histoire, comme un long métrage en plusieurs volets ou comme un conte de fée, le festival anglais Boomtown a une identité exclusive qui lui est propre. Le concept est de créer une ville éphémère annuellement et de présenter l’édition comme un chapitre de l’histoire. L’événement se déroule tel un récit légendaire où le Boomtown est un refuge, qui envahit par des renégats, devient une terre de rebelles. Cette légende crée un mythe fondateur, attracteur, autour de l’événement et permet ainsi de le penser comme une sorte de jeu de rôle géant dans lequel le festivalier devient acteur de l’histoire. Imagine un endroit où la norme n’existe pas, du moins la norme y est définie par les multiples ambiances du festival. Les participants sont encouragés à s’habiller de manière fantaisiste pour aider à créer l’identité fantastique que veut véhiculer le Boomtown.

Cette ville éphémère propose des intrigues par quartiers. Chacun de ces huit quartiers ont leurs spécificités ainsi que des décors et une scénographie qui lui sont propre car imaginés par des designers différents. Par exemple, celui nommé Wild West, comme tu t’en doutes, plonge le festivalier dans une ambiance de Western dans laquelle tu peux aller te rafraichir au saloon. On peut aussi citer le chinatown local, ses myriades de lampions et son ambiance d’extrême orient, mais on ne va pas trop t’en dévoiler car ça vaut le coup de payer entre 185 et 234 euros pour découvrir cela.

Le festival, en plus des concerts et des DJ set, propose un théâtre alternatif, des numéros de cirque et acrobates, un cabaret, des jeux et attractions, ainsi que diverses animations, le tout dans un univers digne d’un film fantastique tout droit sorti d’un studio hollywoodien. Ce concept rend l’évènement totalement immersif et rend le festivalier acteur de ce monde parallèle. Au niveau de la musique, le festival propose pas moins de 40 dancefloors sur lesquels tu pourras te défouler sur du ska, reggae, house, techno, drum’n bass, hardtek, trance, et une multitude de genres musicaux qui raviront toutes les oreilles.

Lancé en 2009, le festival en est maintenant au 9ème chapitre de sa légende. Véritable ville éphémère et alternative dans le sud de l’Angleterre, ce festival est un phénomène. Le mieux, c’est que même si le ticket d’entrée est relativement cher pour un weekend, le Boomtown étant en Angleterre, il est plus accessible que le Burning Man. On te laisse sur le trailer officiel de l’édition 2017 :

Michel-Angelo