Retour sur le début des raves et free parties en Angleterre

Aucun flic ne nous empêchera de se prendre du son plein la tronche

On ne va pas vous rappeler une énième fois que l’Acid House débarque en 87 en Angleterre, l’Haçienda de Manchester devient le pilier d’une génération de teufeurs, etcétéra, etcétéra. Ce qui nous intéresse c’est comment le mouvement rave s’est développé en Angleterre, puis réprimé par les autorités a donné naissance aux free parties.

Les raves parties débutent en Angleterre dans la deuxième moitié des 80’s. La crise industrielle qui entraîne la désindustrialisation des villes ouvrières de la Grande-Bretagne laisse à l’abandon des milliers d’entrepôts et hangars. Ian Brown, le chanteur des Stone Roses se rappelle du début des soirées dans les entrepôts désaffectés de Manchester :

C’est Steve qui a organisé les trois concerts en entrepôt. […] Il avait booké le hangar à la British Rail. Ça a été un concert génial et c’est comme ça qu’on est devenu populaire à Manchester. […] Ces fêtes étaient un peu underground, c’étaient les premières du genre à Manchester. On a décoré l’endroit avec des roues de voitures suspendues au plafond, et les flics sont restés dehors – on leur avait offert un fût de bière pour qu’ils soient sympas avec nous.

Petit à petit, le phénomène s’étend et toutes les villes post industrielles du Royaume-Uni vont commencer à faire la fête dans des lieux désaffectés. L’objectif de ces fêtes réinvestissant les lieux abandonnés est l’abolition de toutes les contraintes liées aux clubs, à savoir : pouvoir monter le volume sonore au-dessus du nombre de décibels légalement autorisé, inviter plus de participants que ce que le lieu permet, faire durer l’évènement plus longtemps que les horaires légales car le gouvernement Thatcher a imposé depuis 1981 la fermeture des clubs à 2h du matin maximum, ou de laisser les participants faire la fête comme chacun l’entend sans nuire à la politique de sécurité d’une boîte de nuit (en gros, vu que l’évènement est légal on te laisse prendre autant de pilules que tu le souhaites mais gare à toi si tu en prend trop). Ces parties sont d’ailleurs bien entendu majoritairement illégales et faites de manière sauvage. Par sauvage on veut dire que le lieu est choisi par les organisateurs, le mot est passé par le bouche à oreille, le tractage et l’affichage sauvage codés, puis, une fois le rendez vous fixé, le lieu est équipé d’un système son et la fête peut commencer.

La musique électronique effrayant l’Angleterre traditionnelle, le gouvernement Thatcher tente d’endiguer le phénomène et de le réprimer. En 1989 des mesures sont prises, la musique électronique est interdite sur les ondes des radios britanniques et les raves, ainsi que tous rassemblements de plus de dix personnes sur une musique qui est jugée répétitive sont prohibés. La police descend souvent dans ces fêtes sauvages dans lesquels elle mène des arrestations, confiscation de l’argent récolté et du matériel (sonore et visuel), ainsi que chasse aux drogues.

L’illégalité des raves parties tenait entre autre au prix du ticket. Il est interdit de faire payer un évènement dans un lieu qui ne t’appartiens pas. Ainsi, la réponse des organisateurs de raves aux autorités sont les free parties. Des fêtes qui n’ont cette fois plus lieu dans des zones désaffectés mais carrément dans des champs et autres zones rurales dans lesquelles sont installés d’énormes systèmes son, l’adresse étant donnée à la dernière minute et le prix une donation, contribution aux frais dépensés par les organisateurs. Les Spiral Tribes, originaires de Londres sont un collectif à l’initiative de l’exportation des free parties dans le reste de l’Europe. Travelers, ils enchaînent les free festivals des années 90 et gagnent la France en 1993 pour se propager dans le reste de l’Europe par la suite.

On ne va pas te mentir, désormais les free parties et autres évènements sauvages existent toujours mais tu n’en auras pas vent sans les contacts dans le milieu. Si jamais tu cherches vraiment on te conseille de ….. te rencarder.