La musique dans le mouvement Skinhead et son évolution

Mouvement Skinhead : Ska, 2-Tone, Punk et Oi !

Dans la première décennie qui engendre la naissance du mouvement Skinhead, soit la fin des années 60 et le début des années 70, les jeunes Anglais raffolent de la musique importée par les jeunes immigrés, les Rude Boys, venus de Jamaïque (ex-territoire britannique avant l’obtention de l’indépendance de l’Ile en 1962). C’est principalement du Ska, du Rocksteady et du Reggae. Cet engouement donnera naissance en 1967 au célèbre label Trojan Records. D’ailleurs encore de nos jours parmi les branches de la mouvance Skinhead, il existe les Trojan Skinheads  ou skinheads traditionnels qui sont apolitiques et se réclament de l’esprit de 1969 (date officielle de la naissance du mouvement Skinhead).

Groupes : Prince Buster, The Skatalites, Desmond Dekker, Jimmy Cliff, Laurel Aitken

 

Mais au cours de cette décennie, le contexte économique et social va se dégrader renforçant les clivages entre les classes et les communautés. C’est ainsi que le Punk va faire son apparition vers le milieu des années 70. Mais la jeunesse prolétaire ne se laisse pas aller au populisme et à la haine entre communautés. Celles-ci se mélangent et de nouvelles musiques en émergent. On y verra l’apparition du 2-Tone et son célèbre logo à damier noir et blanc, qui est principalement un mélange de Ska, de Punk et de New Wave.

Groupes : The Specials, Madness, The Selecter, The Beat, Bad Manners.

Vers la fin des années 70, tandis que le mouvement Skinhead se scinde en de nombreuses ramifications, un style de musique qui se revendique de la classe ouvrière et qui fédère les Punks, les Skinheads et les prolétaires voit le jour. C’est la Oi !. Ce sous-genre musical du Punk-Rock tire son nom de l’argot Londonien Oi ! qui veut simplement dire « Hey you ». La différence avec le Punk ? C’est encore plus rapide et violent. Le groupe SHAM 69 va créer le blueprint des groupes de Oi ! en mélangeant le son punk, le pub-rock et les chants de supporters de clubs de foot, une version plus prolétaire et plus street du punk. En gros, les mélodies sont simples, le son hyper saturé et le chanteur hurle par-dessus. C’est voulu, c’est instinctif, ça symbolise le cri de la rue. D’abord apolitiques, les groupes se politisent peu à peu et beaucoup sont associés, à tort, au néonazisme ou à l’anticommunisme (qui rappelons-le est l’apanage des Boneheads).

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Skinhead

Groupes : Sham 69, Cock Sparrer, The 4-Skins, Skrewdriver.

Ces différents styles musicaux se sont par la suite exportés aux Etats-Unis et aussi dans le reste de l’Europe (notamment en France et en Allemagne). Par la suite de nombreux sous-genre ont été crées comme le Hardcore, le Celtic Punk et le Ska-Punk perpétué par des groupes Californiens comme Less Than Jake ou Rancid. On retrouve d’ailleurs le guitariste de ce dernier, Lars Frederiksen dans The Old Firm Casuals un groupe de Oi ! qui se veut très proche du mouvement de base.

Skinhead

Groupe : Rancid, Less Than Jake, Ska-p, Dropkick Murphy’s, Booze And Glory.

Merci encore à Tonton Tex.