Le street art à Bangkok : future explosion d’une scène encore frileuse ?

Du street art gentiment coloré à Bangkok

J’ai rendez-vous à Bangkok dans un charmant café avec Myrtille Tibayrenc, responsable du BUKRUK, festival de street art en Thaïlande tous les deux ans. Alors où en est la scène street art à Bangkok ?

En 2006, Myrtille s’installe à Bangkok, dans une capitale immense, mais dénuée d’œuvres dans les rues. En 2013, avec ses connexions dans l’industrie artistique, elle organise la première édition de BUKRUK, festival street art invitant des artistes thaïlandais et européens.

 

Depuis, les artistes ont un peu osé investir les murs, mais restent encore frileux. L’art de rue n’est bien souvent que décoratif et ne s’imprègne pas du tout de teintes asiatiques. Au contraire, ce sont les artistes européens invités du festival qui mélangent la culture occidentale et thaïlandaise.

 

Quand s’effectuera le réveil des artistes locaux ? Quand investiront-ils pleinement la rue avec des oeuvres rebelles ? Très bientôt, selon les dires de Myrtille. Depuis la mort du roi, et son successeur bien moins apprécié des thaïlandais, la contestation s’épanouira peut-être sur les murs de la capitale.

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En se promenant le long du fleuve, on conteste la timide mais prometteuse émergence de l’art de rue.

Bangkok Bangkok

 

En attendant, même si les informations sont minimes, voici un florilège des street artistes thaïlandais à connaître absolument !

Alex Face :

Tu as sûrement aperçu ses œuvres en Europe. Le plus célèbre et exporté street artiste à l’international, Alex Face, possède sa propre signature visuelle percutante. Mardi, inspiré par sa propre fille, est un enfant dans un costume de lapin affublé également d’un troisième œil, symbole d’un spiritisme et d’une autre dimension. Si l’enfant peut paraître innocent au premier abord, on remarque rapidement son visage empreint d’une profonde tristesse et interrogation sur le futur dans le monde. Malgré ce message pour le moins triste, l’art de rue apaise Alex Face. Il essaye également à son tour d’apporter l’art dans des quartiers et provinces délaissés.

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Rukkit :

Habitué des grands murs, son bestiaire s’exporte dans toute l’Asie. Avec un trait géométrique et coloré, Rukkit, fervent admirateur de la nature, peint très souvent des animaux pour insuffler un peu de nature dans d’immenses villes loin d’être vertes.

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Lolay  :

Né dans les années 1970, Lolay est l’artiste le plus « hipster ». Fin observateur des gens, de leur physique et caractéristiques mentales, ce touche-à-tout s’épanouit dans le street art. Ne graffant généralement que sur commande, il se plait pourtant à peindre lui aussi des animaux dans la rue.

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BON  :

Même s’il a réalisé une fresque en l’honneur du roi comme beaucoup d’autres, BON serait l’artiste le plus revendicateur. BON signifient en langue thaï une inactivité de la main, un paradoxe amusant pour un artiste maniant les bombes de peinture. Son art vise à ce que les citoyens cohabitent en toute harmonie, également avec les animaux et la nature.

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P7  : 

Voici le plus vieux street artiste de Thaïlande. Ce chef de file a même inité la future génération en formant une équipe. Aujourd’hui, c’est paradoxalement le moins mis en avant, peut-être pour son style resté old school. Cependant, P7 possède un sens de l’humour noir inspiré par les bandes dessinés. Un univers enfantin à première vue qui n’en est que plus corrosif.

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Bonus TMC  :

Cet artiste personnifie les animaux (encore une fois) avec des attraits humains. Fumant la pipe ou brandissant une arme, les animaux possèdent des caractéristiques de bonté et de destruction, un peu comme nous.

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