Les yakuzas, rites et quotidien du plus grand gang au monde

Les yakuzas : entre illégalité et rites traditionnels

Es-tu sûr de bien connaître les yakuzas ? Fascinant de part leur illégalité et rites codifiés, les yakuzas sont l’organisation la plus structurée au monde. Plongée dans leur quotidien banal mais illégal.

Divisés en 21 groupes majeurs, les yakuzas étaient plus de 46,900 en 2015, soit quand même 12% de moins que l’année 2014. Essentiellement répartis sur le territoire nippon, le groupe le plus puissant Yamaguchi-gumi est composé de 23,400 membres.

Bien moins nombreux à l’heure actuelle, les yakuzas n’en restent pas moins toujours puissants en s’infiltrant dans tous les domaines. Cantonné jadis à l’industrie pornographique et celle du jeu, ils ont peu à peu étendu leurs secteurs d’activités aux bâtiment ou la politique.

yakuzas

 

Les yakuzas ont donc véritablement un emploi, plus ou moins illégal, et leur journée type ressemble étrangement à la nôtre. Ils se rendent à des réunions, déjeunent ensemble et travaillent. Leurs entreprises ont pignon sur rue, sous couverts d’une structure type associative. Le logo du clan apparaît même sur la devanture des bâtiments.

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Pour la pause, ils peuvent se détendre en lisant par exemple le magazine des yakuzas Yamaguchi-gumi Shinpo, soit la gazette du clan Yamaguchi. On y trouve une page de jeux, une chronique poésie, et une rubrique people sur les « exploits » des membres. Le chef du clan, Kenichi Shinoda, écrit lui-même l’éditorial et aime à rappeler aux plus jeunes l’importance des valeurs traditionnelles, particulièrement celles de la loyauté et discipline, inhérentes à tout bon yakuza.

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Les membres doivent en effet respecter nombre de rites et coutumes. Les liens tissés entre membres sont supérieurs aux liens biologiques de la famille, et une hiérarchie structure l’organisation interne du clan. Le chef est appelé Oyabun, signifiant littéralement parent ou chef. Chaque membre accepte le statut de Kobun, enfant, ou protégé, et prêtent allégeance au chef. En contrepartie, le supérieur assure protection et bons conseils à ces derniers, et aux Komon, conseillers du chef occupant des postes administratifs et judiciaires.

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Avant de devenir un parfait yakuza, tous les aspirants entrent dans le clan par une cérémonie d’intronisation, le Sakazuki. Le postulant doit au préalable faire ses preuves pendant 6 mois. Lors de la cérémonie, tous les participants sont vêtus du kimono et gardent un silence total. Le chef et futur yakuza sont agenouillés côte à côte en face des membres du clan. Ils versent tout deux du saké dans des coupes, boivent une gorgée et échangent leurs coupes, symbolisant les liens du sang. Le nouveau membre doit absolument garder son verre en signe de son appartenance au groupe. Le chef du clan rappelle également le code d’honneur en 9 points. Chaque yakuza doit connaître et suivre à la lettre ce code.

  1. Tu n’offenseras pas les bons citoyens.
  2. Tu ne prendras pas la femme du voisin
  3. Tu ne voleras pas l’organisation
  4. Tu ne te drogueras pas
  5. Tu devras obéissance à ton supérieur
  6. Tu accepteras de mourir pour le père ou de faire de la prison pour lui
  7. Tu ne devras parler du groupe à quiconque
  8. En prison tu ne diras rien
  9. Il n’est pas permis de tuer un Katagari ( Une personne ne faisant pas partie des clans de yakuzas). Cette règle n’est cependant que peu respecté.
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Après la cérémonie extrêmement codifiée, l’apprenti yakuza ne doit décevoir. En jurant fidélité au clan, il lui est nécessaire de trouver un travail et reverser les bénéfices à l’organisation. Au moindre écart, le yakuza pratique le yubitsume, ou l’ablation du petit doigt. Moins pratiqué qu’auparavant, l’amputation des doigts reste un moyen de prouver l’assujettissement au chef, et l’encaissement à la souffrance.

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Une souffrance que l’on retrouve dans la pratique du tatouage traditionnel. De nombreux tatouages colorés recouvrent le corps des yakuzas. Réalisé à la main avec des aiguilles, un manche en bambou, de l’encre de charbon associé à des pigments en couleur, le tatouage est symbolique aux yakuzas ; raison pourquoi il est encore mal perçu dans la société contemporaine japonaise.

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Encore attachés aux valeurs traditionnelles tout en jonglant avec l’illégalité, les yakuzas disposent d’une force de frappe au Japon. Un paradoxe quand le mot yakuza signifie perdants. Au contraire, les yakuzas continuent à alimenter le fantasme du crime et la gloire dans les films et jeux vidéos.