Le Go-fast: l’autoroute de la drogue

3 cylindrées, une technique, une destination

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Voilà une technique bien rodée par les trafiquants de drogue du monde entier: le Go-fast. Un transport de drogues sur plusieurs centaines de kilomètres grâce à un convoi de bolides prêtes à monter dans les tours en cas de pépin. Mais l’objectif reste la discrétion: les 250km/h ne sont atteints que lorsque les gendarmes se lancent à leur poursuite. Dans les Caraïbes, les trafiquants utilisent des hors-bord très rapides, en Europe, leurs semblables jouent les transporteurs à bord de grosses cylindrées. Des Porsche Cayenne ou des 4×4 ML, dont la suspension permet de supporter de lourdes charges, sillonnent alors les routes européennes pied au plancher.

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Ce type de transport s’est développé dans les années 90 pour acheminer la résine de cannabis depuis l’Afrique du nord vers l’Europe grâce à des voitures ultra-puissantes souvent volées. Sur les autoroutes, le convoi suit une stratégie implacable: une « ouvreuse » précède la voiture transporteuse -le « mulet »– et fait office d’éclaireuse pour remarquer des éventuels barrages ou contrôles de police. 20 km en amont, la voiture « mulet » suit le cortège alors que les suiveuses ferment le dispositif et interviennent en cas de problème.

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Les voitures sont souvent équipées de doubles vitrages et de réservoirs additionnels pour éviter un arrêt à la station service. Enfin, les pilotes communiquent via des téléphones portable non traçables aux puces jetables à l’arrivée. Un casse-tête pour la gendarmerie souvent impuissante. Mais il arrive qu’elle flaire à temps un gros poisson et une quantité vertigineuse de drogues. Le dernier record en date : en juillet dernier, près de 600 kilos de cannabis saisis dans un go-fast près de Valence.

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Selon Jamal, un trafiquant Go-fast:

Depuis le début des années 2000, c’est le moyen le plus sûr d’amener des cargaisons. Au début, il n’y avait qu’une voiture. Depuis, ça s’est organisé en convoi. Ça sert beaucoup pour l’herbe, mais aussi pour la cocaïne. On a piqué l’idée aux contrebandiers de cigarettes des Caraïbes. Mais les flics deviennent plus durs : il va falloir changer. Les gros se mettent à utiliser des hélicos. Nous, les petits, on en reste aux bagnoles.

En effet, les forces de police redoutent le pire: le développement du Go-fast de l’air. Dès la fin des années 2000, des premiers hélicoptères transportant de la drogue ont été interceptés par le GIGN entre le Maroc et l’Espagne … Un des derniers butins: 560 kg de cannabis.