On connaît Barcelone, mais l’histoire de la techno espagnole ?

Oscar Mulero est devenu le représentant d’une techno espagnole pointue.

Oscar Mulero. Médaille de tapeur de pieds tu n’auras point, si la techno d’Oscar Mulero tu ne connais point. Le DJ et producteur originaire de Madrid a fait ses débuts en étant petit et patient. Les vertus des grands ! Depuis tout petit, il baigne dans la musique mais n’a pas la prétention de se vanter de ses compétences. Alors, il laisse le temps faire son travail, et il a bien raison…car il atteindra le rang des figures emblématiques d’une période culturelle très importante dans l’histoire de la péninsule ibérique.

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En 1975, la mort de Franco sonne le glas de la fin du franquisme pour prendre la direction de la démocratie. Felipe Gonzalèz, représentant du parti socialiste ouvrier espagnol, arrive au pouvoir en 1982. Dès 1975 donc, l’Espagne respire à nouveau et est face à une liberté retrouvée ! La jeunesse espagnole est portée par un désir de renouveau,  l’art et la culture explosent avec de nouvelles figures de proue, et le pays se modernise et s’intègre à l’Europe. Tandis que la vie nocturne est en pleine effervescence grâce aux ouvertures massives de bars, clubs, dancings, et clubs, en 1978, festivals et producteurs indépendants foisonnent. Cette période s’appelle « la movida« . D’ailleurs, ce nom vient de l’expression « hacer una movida« , qui désigne l’action de quitter le centre ville pour faire le plein de shit et autres drogues avant de retourner faire la fête à la capitale (Madrid).

La jeunesse espagnole se révèle et s’épanouie autour de nouvelles formes artistiques. La makina née en 1990, au Nord-Est de la Catalogne dans la région de Barcelone. La musique est un dérivé de la dance parfois proche du hardcore avec un tempo oscillant entre 170 et 180 BPM. Des grosses basses, une mélodie aigüe qui rentre (trop) facilement en tête : le summum du kitsch à base de synthé dont finalement, nous sommes parfois nostalgiques ! En effet, l’arrivée des synthétiseurs pour composer du son à fait prendre un tournant à ce qui est fait en Allemagne et aux Etats-Unis. Et hop, tout ça s’exporte en Europe et outre-Manche.

En Espagne, on voit des groupes prendre les devants de la scène électronique, comme Aviador Dro, un groupe de synthépop en 1979 à Madrid. Issus de la movida, les membres du groupe suivent avec attention l’influence des Kraftwerk et autres Devo, tout en s’inspirant des avant-gardes artistiques de 1900 que sont le Dada, le surréalisme et le futurisme. Tout cela ajouté à un peu de punk et de new wave descendus d’Angleterre et de France, ça donne cela :

C’est à l’approche du deuxième millénaire qu’Oscar Mulero fait ses premiers pas dans la musique électronique. Il puise son inspiration dans tout ce qui l’entoure, et à surtout un amour intarissable pour les vinyls. Au début, il mixe au New World pour se faire la main. C’est par The Omen qu’il passe ensuite avant de vivre l’instant clé : un live à l’édition 1996 du Sonar à Barcelone. Les foules se jettent tous les week-ends à l’Omen pour écouter Mulero manier les platines, chaque date sera sold out…!

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Flyer du club The Omen

Fier représentant d’une jeunesse madrilène dont les racines viennent de l’underground de 1980, Oscar Mulero est pour ainsi dire un artiste complet et accompli. En 2004, il fonde son label Polegroup Recordings, où la techno bien lourde et bien noire comme on l’aime est le maître-mot. On y retrouve Reeko, Exium, Kwartz ou encore Christian Wünsch. Après, il donne naissance à Warm Up, un second label sur lequel il sort deux albums en 2012 et 2013.

On se retrouve samedi 7 janvier aux Nuits Fauves pour crier « Allleeeeeeeez làààààààà » à Oscar Mulero. Il représentera fièrement les couleurs de son label Polegroup Recordings avec à ses côtés Exium (aka Tensal & Kessell) ainsi que Birth Of Frequency et Eastel, résidente Open Minded.

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Oscar Mulero x Open Minded