Edward Snowden: Un héros des temps modernes?

L’homme le plus recherché au monde

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Le 6 juin 2013, on découvrait deux nouveaux visages: celui d’un ancien informaticien du gouvernement américain et celui des institutions de surveillance américaines, un visage beaucoup moins juvénile et innocent. Mais au fond, étions-nous vraiment choqués et surpris par cette « nouvelle » facette? Sans doute que non. Sans doute que nous n’avons pas tant découvert une réalité méconnue auparavant. Des révélations plus précises mettaient juste une énorme gifle à notre déni collectif. Oui, on est fliqué et pas qu’un peu. Et on s’en doutait. De nos portables mobiles jusque dans les rues où caméras de surveillance détournées enregistrent le moindre de nos pas. Derrière ce vaste réseau de surveillance: la tentaculaire NSA se dévoile, contre son gré. Grâce à qui? Edward Snowden, un geek qui tout d’un coup renonce à ses 200.000 dollars de revenu annuel pour se lancer dans un défi de taille: balancer les documents les plus confidentiels du gouvernement américain.

La toile de la NSA

Le programme « Prism »: premier espion informatisé dénoncé par Snowden. Un programme informatique qui sans aucune autorisation légale donne accès aux mails, discussions instantanées, vidéos, photos ou fichiers mis en ligne par les utilisateurs des services Google, Apple, Microsoft ou Facebook. 97 milliards de données collectées rien qu’en mars 2013, ou comment donner tout son sens à l’expression « la toile ». La toile, ce prédateur qui nous attend dans ses filets telle une veuve noire qui a la dalle. Une fois entré, Internet devient alors une embuscade où s’emmêlent et se piègent les internautes du monde entier espionnés à chaque connexion pour une prétendue noble cause: la sécurité. Pire encore, même déconnectés, l’ombre de la NSA plane au-dessus de nous: elle s’appelle « Quantum ». Il s’agit d’un programme reposant sur une technologie secrète qui stocke les données des ordinateurs hors connexion grâce à des ondes radio qui permettent de s’introduire dans n’importe quel appareil non connecté à un réseau. Une véritable pieuvre invisible en constante activité.

Si seulement la surveillance massive s’arrêtait là… 180 millions d’opérations bancaires interceptées grâce au programme « Follow the money« , jusqu’à 100.000 ordinateurs piratés par les logiciels espions du programme « Turbine » dévoilant webcams et enregistrements sonores privés, 200 millions de SMS collectés dans le monde avec « Dishfire » histoire de saper définitivement notre droit à la vie privée… Coup de grâce ultime, le simple commun des mortels n’est pas le seul bouffon du roi. Même les plus grandes figures politiques et économiques découvrent à leur tour avoir été systématiquement épiées: Angela Merkel, le président russe de l’époque Dimitri Medvedev, certains diplomates européens, et membres de l’ONU… Dernièrement, on a su que les élites économiques et politiques africaines ainsi que certaines ONG étaient surveillées également… On est très loin des groupes terroristes en activité dont la surveillance, en effet, se justifie.

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Snowden ou l’ennemi n° 1 du gouvernement américain

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Bien avant de finir exilé en Russie, le binoclard travaillait pour la NSA avant de se retourner contre elle. « Je voulais donner une chance à la société de décider si elle devait changer. Mon seul objectif est de dire au public ce qui est fait en son nom et ce qui est fait contre lui. » Classe, noble, courageux, Snowden nous offre un mobile moral qui semble dénué de toute stratégie malveillante. Il devient alors le symbole d’une nouvelle forme de lutte démocratique et un lanceur d’alerte mondial qui informe au nom de notre liberté, de quoi faire de l’ombre au plus brave des superhéros. Car le « justicier » ne se cache pas derrière une cape ou un masque. A visage découvert, acceptant d’être persécuté judiciairement et de devoir faire du gringue à des dizaines de pays pour trouver refuge, le geek balance tout ce qu’il sait devant le yeux du monde entier. Comme un indique qui n’aurait plus peur du grand caïd du quartier. Inculpé par le gouvernement américain d’espionnage, de vol et d’utilisation de biens gouvernementaux, il risque 30 ans de prison ferme. Inutile de préciser qu’il a devant lui deux possibilités: une vie de « justicier » nomade d’asile en asile ou une vie derrière les barreaux s’il décide d’affronter la justice américaine. Quoi qu’il en soit, il a mis définitivement un terme à son ancienne vie confortable de cadre supérieur et on le remercie au moins pour ce sacrifice que peu d’entre nous auraient subit au nom de l’humanité.

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