Vers un monde bisexuel ?

Moules ou frites? Les deux

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De récentes études menées aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France révèlent une tendance, une mode pour certains, ou plutôt une libéralisation des moeurs qui ne contraint plus à se définir dans une seule catégorie sexuelle. D’où la hausse des comportements bisexuels depuis les années 90s. Retour sur ce phénomène ou le reflet d’une société en pleine mutation.

Ados, jeunes, mais aussi trentenaires bobo’, depuis le début des années 90, ils sont deux fois plus nombreux à redéfinir la sexualité au delà d’une identité figée et constante. En effet, entre 1990 et 2014, le pourcentage d’adultes ayant eu des rapports sexuels avec des personnes des deux sexes est passé de 3,1% à 7,7% aux Etats-Unis.  Les mêmes données sont observées chez les british et les franchies. De quoi taquiner les homophobes qui revendiquent encore une sexualité hétéro-normée et permanente.

T’es hétéro ou gay? Bah ça dépend. Aujourd’hui, le matos biologique et l’identité sexuelle déterminent moins les rapports sexuels. Casser les codes sociaux traditionnels, bannir les catégories sexuelles binaires ou fixes et s’ouvrir à différentes horizons au hasard des rencontres, les nouvelles générations se cherchent, prennent leur temps, expérimentent et l’assument.

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« Pour moi, l’amour ne dépend pas de ce que vous avez dans la culotte, mais de la personne que vous rencontrez, de ce qu’elle est, de ce qu’elle dit », confie Coralie Tapia, fondatrice de l’association « Amblgu« , qui défend la visibilité des personnes bisexuelles. Une ambiguïté, diraient les plus sceptiques. Non, juste la fin d’une vision simpliste du désir.

Mais pourquoi maintenant? Plusieurs raisons expliquent cette évolution récente: la libéralisation des mœurs post-mai 68 accompagnée de l’acceptation (relative) de l’homosexualité dans les sociétés occidentales et la recherche constante de la nouveauté, caractéristique de la génération X. Une autre influence a été soulevée par les sexologues: la médiatisation de la bisexualité de célébrités sur les réseaux sociaux. De Madonna à Angelina Joli, elles sont plusieurs à afficher clairement une sexualité qui se refuse de choisir.

En tout cas, selon Chris Paulis, docteur en anthropologie à l’ULG (Université de Liège), la bisexualité « va continuer à augmenter« . De quoi faire des chanceux puisque, comme dirait Woody Allen, être bi’, c’est encore le meilleur moyen « d’avoir deux fois plus de chances un samedi soir« .

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