L’Afghane aux yeux verts emprisonnée et expulsée

Retour sur Sharbat Gula, l’adolescente devenue icône du peuple réfugié Afghan.

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1985. La une du numéro de National Geographic, le célèbre magazine consacré à la diffusion de la connaissance géographique du monde. Des yeux grands ouverts sur l’objectif de Steve McCurry, et un regard hypnotisant qui en dit long sur l’histoire de la jeune fille. Sharbat Gula est alors âgée de 12 ans sur le cliché qui fit d’elle l’icône des réfugiés afghans en 1984, et vit alors dans un camp au Pakistan.

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Arrêtée par les autorités pakistanaises récemment, elle est accusée d’avoir obtenu de faux papiers d’identité et s’attriste de devoir retourner dans son pays d’origine, où le climat actuel n’est pas vraiment au beau fixe: « L’Afghanistan n’est que mon lieu de naissance, mais le Pakistan était ma patrie et je l’ai toujours considéré comme mon propre pays », dit-elle depuis un hôpital où elle est soignée pour une hépatite C.

Comme elle, de nombreux Afghans ont été contraints à fuir la guerre qui sévit dans leur pays, pour prendre la direction de la frontière. L‘invasion soviétique débute en 1979, et le Pakistan qui jusqu’ici accueillait ses voisins à bras ouverts, est en train de réviser ses décisions… D’ici mars 2017, plus aucun ressortissant Afghan ne devra être au Pakistan, poussé par l’ONU proposant de doubler les primes de retour au pays.

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Les dernières nouvelles que nous avons sur « l’Afghane aux yeux verts » ne sont malheureusement pas très bonnes. La mère de quatre enfants a plaidé coupable, à quoi le tribunal a répondu par une condamnation de 15 jours de prison ainsi qu’une amende de 110 000 roupies (950 euros). Emprisonnée puis expulsée, son histoire est semblable à celle de milliers d’autres réfugiés Afghans et est en quelques sortes le miroir brut d’une grave situation.
Aussitôt, Amnesty International réagit et condamne l’expulsion de Sharbat Gula tandis que Champa Patel, directrice d’Amnesty pour l’Asie du Sud affirme : « Pendant des décennies, elle fut la réfugiée la plus célèbre du monde et vue comme le symbole de la généreuse hospitalité du Pakistan. À présent (…), son sort est devenu emblématique du cruel traitement que réserve le Pakistan aux réfugiés Afghans ».