Qui est l’homme qu’on surnomme le « Banksy syrien » ?

En Syrie, un homme combat le jour et peint la nuit.

Entre 2014 et 2016, environ 30 peintures s’emparent des murs déchirés de Darayya, ville située à une dizaine de kilomètres de Damas terrain de jeu des soldats syriens. Objectif : parler de l’horreur de la guerre en Syrie. 

À 27 ans, Abu Malik al-Shami peut se targuer du majestueux surnom de « Banksy syrien » grâce à l’engagement politique de ses pièces apparaissant dans la nuit, comme par magie.
Après ses études, Abu Malik rejoint le mouvement de protestation contre le gouvernement syrien et décide de diffuser des messages révolutionnaires avec ses propres moyens. 2 ans plus tard, il part en direction de Darayya afin d’intégrer l’Armée Syrienne Libre où dès le premier jour, on lui apprend à utiliser une arme qu’il devra utiliser dès le lendemain en ligne de front.
C’est une rencontre en 2014 qui changera sa vie et surtout ce pour quoi il est là… Majd, un journaliste, le pousse à investir la rue pour parler du terrible quotidien qu’est le leur entre les balles de fusil.
La première peinture du rebelle Abu Malik al-Shami apparaît soudainement un matin ensoleillé. C’est une petite fille pointant un tableau d’école où se trouve le dessin d’un coeur, à l’attention d’un soldat syrien sur le départ pour le front. Le message d’amour innocent est touchant de sincérité et de vérité…
Les fresques gagnent du terrain et des murs au fil des jours, mais le matériel vient à manquer. Son coéquipier et lui demandent alors l’aide du propriétaire du seul magasin d’art de Darayya pour prendre des pinceaux et de la peinture, ce qu’il acceptera sans problèmes. Al-Shami et Majd continuent de répandre leur peinture sur les débris de la ville avant de devoir quitter Darayya pour Iblid, où l’artiste continue d’oeuvrer. Malheureusement, en janvier dernier, son compagnon de route a été tué

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Première peinture d’al-Shami citée plus haut
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Le petit garçon représenté est en train d’écrire « On avait l’habitude de rire en disant, ‘Dieu s’il-te-plaît, détruit l’école!’ … et il l’a fait ».
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Cette pièce représente la transformation de la nature du conflit syrien, commençant par la protestation pacifique, puis par les forces armées, passant par les rebelles, pour finir avec la montée du régime islamique.
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Le texte posé à côté de la mère de famille dit « Joyeuse fête des mères ». Celle-ci à lieu le 21 mars dans les pays musulmans.