S’habiller: Déterminisme social ou libre arbitre ?

J’ai rien à me mettre …

On ne se pose pas forcément la question mais choisit-on ses vêtements ou est-ce qu’on suit les décisions des autres, de la mode et du conformisme social ? Est-ce qu’on choisit réellement d’associer tel jean avec tel t-shirt ou cette jupe bleue avec ces talons hauts ou est-ce que ce choix est influencé par notre environnement ?

Bref, le matin, devant son placard, au moment de choisir sa tenue, c’est une vraie crise métaphysique qui se joue parce qu’on remet en jeu chaque matin la réalité du libre arbitre. Il n’y parait rien comme ça mais chaque accessoire, chaque retroussement de manche, boutonnage de chemise, ourlet, nous est peut-être dicté par une norme sociale et non pas par ses choix.

Mais qu’est-ce que le véritable libre arbitre? C’est le pouvoir de choisir, en ne prenant en compte que sa propre personne, tout en rendant indifférent tous les autres motifs du choix. Cela signifie que l’on devrait choisir ses vêtements seul sans influence mais ce libre arbitre peut être fragile voire impossible à atteindre.
s'habiller, determinisme social libre arbitre

À LIRE :   Riders of the Well of Death : l'amour du risque

C’est peut-être pour ça qu’on se dit parfois devant un placard plein à craquer, « j’ai rien à me mettre ». Mais dire que l’on a rien à se mettre devant un placard plein résulte de l’angoisse du choix. Et si le choix nous angoisse parfois, c’est que pour une fois, nous sommes seuls à le faire.

Le fait est qu’en pensant être original, on se rend compte qu’on est en plein dans la ou une tendance. Car à moins de s’habiller comme Michou, il y aura toujours un keum qui s’habille comme vous de l’autre côté de la rue. C’est ce qui s’appelle le déterminisme sociologique. En ce que nos choix, sont influencés par des logiques sociales d’appartenance et de reconnaissance. Nos tenues sont alors dictées par notre travail, la position sociale, les lectures de magazines ou encore nos films préférés.

En tout cas, vous l’avez compris, s’habiller n’est pas facile et l’originalité résulte du fruit d’une négociation entre le lieu où l’on est et sa propre singularité. Réussir cette négociation est aujourd’hui la meilleure façon d’avoir du style.

s'habiller 3