Un Vénezuela entre crise et coup d’état

 

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7800 kilomètres de la France. 9 heures de vol. Direction le Vénezuela. Open Minded s’est penché sur la situation du pays, actuellement au bord de la faillite.

 

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Les Vénézuéliens sont depuis janvier 2016 adeptes des files d’attentes. Non, pas que ce soit les soldes dans leur pays, mais ils ont actuellement l’habitude de patienter devant et à l’intérieur de magasins vides. Vacillant entre manque de nourriture, de médicaments, d’eau, et d’électricité, le pays quasiment ruiné, côtoie la dureté de la crise.

 

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Le pays a pourtant tout d’un petit riche. Il s’ancre depuis des années dans le prisé marché du pétrole, puisqu’il dispose des plus importantes réserves de la planète. Son économie est en parallèle dépendante des exportations pétrolières, qui représentent plus de 96 % de ses devises. Mais l’effondrement des prix du pétrole, avec des cours au plus bas, a eu tendance à aggraver la situation économique du pays. Lui qui avait tout misé sur cette principale ressource, se retrouve actuellement au pied du mur.

 

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Chute des cours du pétrole, inflation galopante, pénuries, et délinquance mettent à mal les habitants. Les queues devant les supermarchés sont interminables et acheter sa nourriture relève du combat quotidien. Les habitants s’y rendent avec l’espoir de trouver ce qui leur faut et sortent les mains vides : « ca fait un mois que je n’arrive plus à trouver de papier toilette ». La pénuries de denrées alimentaires (farines, cafés, laits…) et de produits de premières nécessités touche le pays depuis janvier. Les Vénézuéliens ont faims et perdent peu a peu leur qualité de vie ! En se nourrissent tant bien que mal avec ce qu’ils ont sous la main, souvent leurs réserves, on pourrait croire à une économie de guerre.

D’autant plus que les prix ont doublé en un an. Pour indication, le kilo de viande a dépassé la barre des 4000 bolivars (plus de 300 euros), ce qui représente un cinquième du salaire minimum. L’inflation quant à elle a été multiplié par sept depuis 2013 et devrait dépasser 700 % cette année selon le Fonds monétaire international (FMI).

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Côté médical, les médecins dénoncent une crise humanitaire et les urgentistes voient mourir des patients. À la clinique municipale, les armoires de médicaments sont vides et poussiéreuses. Certaines opérations ne peuvent pas avoir lieux, et si tout va bien, les hôpitaux envoient les patients chercher leurs traitements dans des cabinets vétérinaires. « Dans ce cas là, les patients prennent des médicaments que l’on donne généralement au bétail. »

 

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Aujourd’hui, plus d’un quart de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le mécontentement porté par l’établissement d’un mouvement citoyen, prône un ras-le-bol général. Opposé à un système à la limite de l’agonie, pillages, saccages, vols et lynchages font l’actualité des quartiers où l‘insécurité règne en maître. La crise a conduit les Vénézuéliens à recourir à des excès de violence. Une animosité portée à son maximum dans un pays qui ne croit ni en ses institutions, ni en son pouvoir.

 

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En parallèle, la politique se durcit. Nicolas Maduro, président actuel, s’est récemment attribué des pouvoirs élargis. En prolongeant « l’état d’urgence économique », en vigueur depuis déjà six mois, il force les Vénézuéliens à se serrer d’avantage la ceinture. En cause, une baisse des importations estimée à 60 % par rapport à 2015. Le but était de relancer la production locale, mais n’a fait qu’amplifier la crise actuelle d’inflation et de pénurie.

 

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Certains parlent d’une ambiance de fin de règne et se réfèrent au mandat du président actuel. Le Vénézuela socialiste semble à la dérive, trois ans après la mort d’Hugo Chavez. Au mois de février, l’opposition descendait dans la rue. Elle revendique un référendum pour obtenir un départ anticipé du président Nicolás Maduro élu démocratiquement en 2013. Sept Vénézuéliens sur dix veulent son départ, le blâmant de la crise économique frappant le pays. Pourtant le président Nicolas Maduro reste solidement ancré à la tête du pouvoir.

 

Camille Bresler