Comment le smiley n’avait pas prévu d’être si connu.

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On te raconte l’histoire d’un des symboles le plus connu au monde.

Il y a des histoires qui débutent comme cela, à partir de rien.
L’histoire du smiley, ce petit dessin stylisé représentant une tête souriante nous fait étrangement penser à celle du logo « I <3 NY » crée en 1977 par Milton Glaser, sur la banquette arrière d’un taxi en 10 minutes.
Le smiley est naît à peu près de la même manière : griffonné en 10 minutes pour la modique somme de 45$. Si son créateur Harvey Ross Ball avait eu vent de l’empire qui allait en découler, peut-être aurait-il demandé à avoir un pourcentage sur tous les produits dérivés ! Cet homme multi-fonctions, publicitaire, musicien et design graphique entre autres, réalisa cette illustration pour la campagne interne d’une société d’assurance américaine dont les employés avaient besoin d’un bon coup de boost. C’est ainsi que la boîte fut tapissée de guguss jaune et noir et redonna le sourire aux gens. Nous étions en 1963.

 

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Visuel original de Harvey Ball
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7 ans plus tard, nous sommes toujours en Amérique. Les frères Spain sont alors propriétaires de deux magasins de cartes postales à Philadelphie. Leur vient alors l’idée de reprendre le symbole sympathique et d’y ajouter la mention « Have a happy day« , ce qui a un succès fou et fait péter leur chiffre d’affaire. L’Amérique tourmentée par la guerre du Vietnam est en mal de joie, et cette image les rassure; ce qui n’est pas sans combler de bonheur (et de dollars) les deux frères !

On traverse l’océan Atlantique pour aller jusqu’en France. Et oui, notre beau pays est plein de ressources ;). En 1971, un journaliste à France-Soir utilise le smiley dans une campagne anti-morosité au sein du quotidien. Le succès escompté est au rendez-vous : tout le monde est content, et Franklin Loufrani se chauffe à déposer le logo à l’Institut National de la Propriété Intellectuelle. Il attribut aussi le mot « smiley » au visuel, protégeant les deux éléments. Une brillante idée qui va permettre à son fils de monter un empire du sourire…

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Une du journal France-Soir

1997. Nicolas Loufrani, fier successeur de son père, créer l’entreprise Smiley World. Il sent en la folie du smiley une piste intéressante et met toutes les armes de son côté. Un dictionnaire d’émoticônes sort, répertoriant diverses catégories de visuels : classiques, humeurs, drapeaux, célébrations, drôle, sports, météo, animaux, pays, etc. Passeport pour la réussite, ce dictionnaire permet à la famille Loufrani de se faire un nom.

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Smiley World

L’entreprise Smiley World peut commencer la bataille.
Avec une quarantaine de salariés, un chiffre d’affaire de 167 millions d’euros en 2012 ainsi que juste 800 contrats d’exploitation signés depuis la création du logo, Smiley World n’a absolument aucun soucis à se faire. L’entreprise basée à Londres repose sur des deals avec des industriels souhaitant estampiller leurs produits du célèbre sourire. H&M, Etam, Benetton, et même les pommes de terre McCain « Kid Smile » de ton enfance font partie des collaborateurs de Nicolas Loufrani. Pour 2017, la société a prévu la sortie d’un roman jeunesse, d’une bande dessinée, et d’un livre de développement personnel autour du concept de l’émotion. En s’attaquant aux loisirs et à l’alimentaire, Smiley World élargit sa clientèle tout en s’adaptant aux besoins des consommateurs, aujourd’hui un peu blasés par la surconsommation de produits obsolètes. Comme le dit l’homme d’affaire français dans LeFigaro.fr, « le concept de bonheur est devenu une grande tendance de consommation. ».
Son but ? Arriver à toucher les étoiles comme l’a fait le chaton tout mignon (sic) Hello Kitty, le lapin Playboy, le crocodile Lacoste ou le swoosh de Nike. Ces symboles sont en 2016 encrés dans la culture populaire mondiale, et véhiculent une image de marque autant qu’un état d’esprit.
Celui du smiley, c’est le bonheur ! Et on sait qu’en temps de crise, on a besoin de soleil, d’amour et de joie.

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Avant l’avènement des appareils technologiques et du language virtuel, le smiley se retrouve sur la pochette du groupe anglais Bomb The Bass, sur les couvertures des comics Watchmen, et sur les fameux t-shirts des faveurs assoiffés de techno. Emblème de la culturee new beat, house et techno dans les années 1990, l’arrivée de la communication dématérialisée incite les interlocuteurs à préciser leur discours afin d’éviter toute erreur d’interprétation. En effet, quand tu as en face de toi la personne à qui tu t’adresses, ses expressions faciales t’aident à mieux cerner ses émotions. Alors, dans le cas où la personne physique est remplacée par un petit écran lumineux, les émotiones sont de rigueur ! Avec le dictionnaire de symboles proposé sur les iPhones, parler avec des images est devenu monnaie courante. Qui n’a jamais fait une tête chelou en lisant un « Ok. » ? Immédiatement, tu te dis que quelque chose cloche. Mais non. Grâce au smiley, un « Ok. » froid et direct se transforme en un « Ok. 🙂 » simple et gentil.

Merveilleux. 

 

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