Festival Cambodia Urban Art: le street art au-delà des frontières.

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Chifumi

Le street art investit les rues de Phnom Penh.

Cette année a eu lieu la seconde édition de l’Urban Art Festival au Cambodge. Organisé par les artistes français Chifumi et Théo Vallier à Phnom Penh, l’évènement a pour but d’honorer la tradition artistique locale tout en réintégrant le street art au coeur de la ville. À partir du 23 avril jusqu’au 17 mai 2016 (tristesse ultime, c’est fini…) 14 artistes internationaux et Cambodgiens ont pu exprimer leur créativité sur des murs privés et des écoles. Pourquoi des murs privés alors que la base du street art est d’être anti-conformiste, »vandale »? Pour la simple et bonne raison qu’à la suite de l’effacement à la chaux d’une fresque d’El Mac en décembre dernier, les habitants de Phnom Penh ont fait entendre leur mécontentement quant à cet étouffement de l’art urbain. Alors qu’à contrario, les publicités criardes et en grand nombre parasitent l’espace visuel. Afin de réconcilier tout ce petit monde, Chifumi et Théo Vallier ont donc défendu leur projet auprès de la municipalité et avec la permission du ministre de l’éducation, ont obtenu des autorisations pour graffer des murs. Défi relevé haut la main ! En plus, travailler sur des murs privés évitent que comme l’année dernière, l’intégralité des fresques soit détruite…

C’est donc en partenariat avec l’Institut Français du Cambodge que 14 artistes internationaux et locaux se sont réunis autour de leur passion commune pour la spray et la peinture. Certains d’entre Peap Tarr, Tones, David Myers, Venk, Eltono, Alias 2.0, Goddog, Koy & Davido, Lisa MamCecé Nobre, Chifumi et Théo Vallier ont réalisé des performances live perché sur un échafaudage (sisi), tandis qu’avait lieu un concert de hip-hop khmer, ou encore une exposition de light painting. Il y avait même une machine à selfies réalisée par Pic Cell, parce qu’il n’y a pas plus sublime que soi-même (sic)! Si tu as un certain goût pour le film documentaire, 3 films ont été projeté dans le cadre du festival: « Vandal » de Hélier Cisterne, « On thé wall » de Denis Ramos et Jérôme Decol et « Scratch Music » de Denis Ramos.

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Minute découverte du rap khmer, oklm.

Un des évènements des plus marquants, en ce qui nous concerne, est l’exposition des premières planches de skateboard réalisés par des jeunes de l’école Skateistan et illustrées par les graffeurs invités. Le concept de cette école mérite vraiment qu’on en discute un peu. Partant du projet « Sport for Development » dans les rues de Kaboul en 2007, Skateistan est devenue une ONG qui a pour but d’utiliser le skateboard comme outil d’apprentissage aux kidz Cambodgiens (mais aussi en Afghanistan et en Afrique du Sud). Pour développer un peu, Skateistan donne des cours de skate aux jeunes de 5 à 18 ans, enseigne des pratiques et techniques artistiques (street art, illustration, peinture, vidéo et photographie), et apprends aux enfants à vivre en communauté, persévérer, s’entraider, et à évoluer en osmose avec les autres. Bref, une belle leçon de vie sublimée par l’apprentissage d’un sport considéré encore comme rebelle. Va jeter un oeil à ce reportage réalisé par Vice sur les fillettes qui skatent dans cette école, elles constituent 40% de l’effectif total des kidz!

Le Festival Cambodia Urban Art a réussi pour la deuxième fois à réunir des personnalités aux parcours et origines différentes dans un pays en pleine évolution, leur permettant de partager leur expérience et leur savoir-faire. L’exportation du street art dans de tels lieux prouvent que l’art parle de lui-même et est essentiel à l’épanouissement d’une population. Bien que le Cambodge soit hyper loin, on te l’accorde, savoure ces quelques images et n’oublie pas que l’important dans l’expression artistique c’est de partager.

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Mike & Strange Rabbit
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Chifumi & Théo Vallier
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Fresque de Goddog à l’école Chaktomuk
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Alias 2.0
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james Jean
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Fresque à l’Institut Français du Cambodge