Facebook le mirage social ?

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Facebook, mon « ennemour »

C’est devenu un rituel, une pratique presque mécanique pour notre génération. Dès lors que l’on rencontre quelqu’un et que l’on sympathise un minimum, on l’ajoute sur Facebook. « L’homme est un animal social » disait Aristote, c’est d’autant plus vrai aujourd’hui alors qu’Internet offre une possibilité infinie d’interactions sociales. Bon, soyons honnêtes, elles ne sont pas toujours très nobles, y’a qu’à mater vos commentaires parfois pour s’en apercevoir (c’est gratuit, bisous).

Alors que nos parents échangeaient leur numéro de fixe, pour nos grands parents et leur aïeuls, rester en contact relevait parfois du domaine de l’exploit. Et puis à 20 centimes le timbre, franchement ça faisait cher le SMS. De ce fait à l’époque pré-Internet, une certaine sélection se faisait, on n’ajoutait pas « en ami » le pote du pote qui t’a fait un peu de place sur la canap’ en soirée « Merci mec, t’es un vrai toi ! ». Il y a quelques temps, il existait une forme d’obligation morale ou sociale à ajouter les gens sur Facebook. En résulte une accumulation d’amis fantômes qui hantent nos Facebook pour ressurgir parfois dans nos fils d’actualités. Je trouve la métaphore plutôt juste car franchement revoir certaines gueules fait assez peur. Souvent, leurs noms c’est Luigi, Ana, Fernando et j’en passe. Forcement les échanges internationaux et autres vacances à l’étranger sont passés par là. Avant de faire son sac, la larme à l’œil et le foie détruit au Pasaò, on ajoute tout le monde, y comprit le russe chelou qui ne décrochait jamais un mot. Facebook ou pas, 5 ans après, que reste t-il de ces amitiés éphémères ? La réponse est rien, ou pas grand chose comme un post d’anniversaire quand on n’a pas trop la flemme. Les réseaux sociaux ont beau tout essayer, ils n’ont pas réussis à modifier la capacité de l’homme à se foutre complètement des autres, surtout quand ils sont éloignés géographiquement. Évidemment il existe quelques cas particuliers, j’ai nommé Graziella et son 95 D…. (ou Antonio et ses tablettes).

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Par la force des choses, les réseaux sociaux nous accablent de vérités et nous mettent face à nos contradictions. Eux qui ont rendu gratuite, simple et instantanée la communication humaine, ont achevé leur travail. Le notre est de se poser les bonnes questions : « Ce grec avec sa broche super louche ouvert à 4h du matin est-il vraiment une bonne idée ? ». Non plus sérieusement, savoir si l’on souhaite conserver cette sorte d’hypocrisie collective qui consiste à considérer comme « ami » des personnes dont on se fou royalement. Facebook nous a imposé une sémantique forte autour de l’amitié qui semble aujourd’hui dépassée.

Peut-on envisager de retrouver le charme de la carte postale, des rencontres fortuites ou d’un simple appel téléphonique ? Le fait est qu’avant les réseaux sociaux, on aurait peut-être proposé à ce vieux pote de classe un verre pour savoir ce qu’il devenait. Désormais, un simple clic sur sa page permet de tuer le mystère et potentiellement, ces retrouvailles. Comme par exemple si vous découvrez qu’il a Frigide Barjot en photo de couverture. Il ne se passe pas un jour sans que je me sente nargué par ces petites vignettes à droite de mon écran. Autant de prénoms, autant de possibilités d’interaction humaine, et pourtant ce sont souvent les mêmes fenêtres de discussion qui s’ouvrent. Faites le test chez vous, faites défiler cette barre d’amis et posez vous la question : est-ce que j’aurais encore un truc à leur dire ?