Les hipsters de la Havane

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Les jeunes branchés de la Havane

Edu Bayer est un photographe basé à New York.Il est parti à Cuba pour rencontrer des jeunes de manière à voir leur quotidien et la façon dont ils évoluent dans les ruines d’un système communiste.

L’une des ces personnes est Monica Molto, assise sur un banc en bois en forme de bateau au studio d’art Kcho dans le quartier Romillero à la Havane. Elle est entourée d’une douzaine de personnes qui, comme elle, essayent de se connecter à la wifi car l’accès internet est plus que limité à Cuba. Tout ce petit groupe de jeunes est pourtant muni de smartphones, de tablettes et d’ordinateurs prouvant qu’une certaine partie de la population est connectée.

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Monica est étudiante en communication du haut de ses 18 ans, en cours elle devait « réparer des téléphones publiques et des vieilles machines ».

Elle porte des lunettes rétro et un t-shirt serré imprimé, les cheveux courts teintés avec un piercing dans le nez. A l’école, la « plupart du travail est théorique à cause du peu d’ordinateurs à disposition et de la faible présence du net » explique la jeune femme.

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Au bout d’une demie heure elle abandonne sa motivation à se connecter alors que le reste du groupe persévère devant leurs écrans qui chargent inlassablement.

Ils font partie de cette génération du millénaire qui ne s’identifie plus et ne partagent pas la vision idéologique et révolutionnaire de leurs pays. Ils ne sont ni investis dans la politique ni intéressés pour travailler à la botte de l’état pour une modique somme de 15 à 20 dollars par mois.

Monica avait onze ans lorsque Fidel Castro s’est retiré du pouvoir, elle n’a donc aucun souvenir de ses long discours contre les Etats-Unis en prônant l’alternative d’un système communiste. Elle ne se rappelle pas non plus des liens de son pays avec l’Union Soviétique, de la Baie des cochons ou quand la boutique Coppelia avait plus d’un parfum par jour pour ses glaces. La révolution cubaine n’a jamais fait partie d’elle car c’est juste un vague souvenir qu’on lui avait enseigné en primaire, rien de plus.

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Aujourd’hui, la majorité de la population cubaine travaille toujours pour l’état mais la plupart des revenus que les gens touchent sont gagnés au black (particulièrement dans les zones urbaines). Un drôle de dicton qu’on entend souvent par là bas c’est « l’état prétend nous payer, et nous on prétend travailler ».

Monica fait partie d’un collectif d’artistes alternatifs composé de jeunes musiciens, de danseurs, de designers, d’acteurs ou de créateurs. Ces personnes manquent de confort matériel mais c’est de loin ce qu’ils les empêchent de se faire un nom sur la scène artistique.

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Cette génération « millénaire » a une mentalité plus occidentale dans le sens où ils ont des ambitions financières avec des projets concrets derrière. Les hipsters de la Havane ont les dents longues et ils ont faim, et franchement on ne peut pas leur en vouloir.