Comment j’ai brûlé mon salaire en une soirée !

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mon salaire ticket de caisse

Un soir, un début de mois, j’ai fonce-dé mon salaire dans une soirée de débauche mémorable…

Préambule, sachez tout d’abord que si aujourd’hui je peux vous raconter toute cette histoire c’est juste grâce aux tickets de caisse du lendemain, et à ce que les différentes personnes ont pu me raconter. Et que cette histoire date d’assez longtemps pour que je vous la raconte, mais pas assez pour l’avoir oublié.

Bon je fais littéralement partie des connards qui ont appris par coeur deux trois grandes phrases que je sors à toutes les sauces sans trop réfléchir au pourquoi du comment :
« Je m’en bats la race, on a qu’une seule vie »
« L’argent ça sert à rien si c’est pour le garder sous son matelas »
« On s’en branle on verra demain »

Et je me suis surtout trouvé une raison de boire tous les soirs et même parfois sans raison en me disant la semaine prochaine je me repose c’est pas grave et ce depuis deux ans. Mais un soir, une nuit, j’ai poussé Mémé dans les orties, on peut même dire que je me suis jeté dans les orties avec cette connasse de mémé .

Ces derniers temps, on sort du lundi au dimanche, mais globalement, les soirées où tu peux finir le plus mal restent celles que tu ne prévois pas, et c’est bien à chaque fois que tu dis « je ne sors pas ce soir » que tout finit bien mal. Mercredi 11 mai 2011, 17h30, je n’en peux plus du taff, et là, mon téléphone sonne, au bout du fil je ne le sais pas encore mais le mec qui m’appelle c’est juste … Satan.

S’enchaîne le simple « Wesh maggle tu fais quoi de beau »…Blablabla…« Tu fais quoi soir-ce ? »… blabla... »On boit une bière vite fait et chacun rentre chez soi ? ». Parfait, je signe.

Rendez-vous pris au bar en bas du taff, chacun raconte sa journée de merde, ses histoires de prospection, une bière, deux bières, trois bières, il est déjà 19h30. « Viens, on mange rapidement un ketru et on rentre ? », « Ok, fondue chinoise à volonté ? » Ok.

Deux heures plus tard, je sors avec le saltimbanque en question, qui me balance « P’tit digeo? ». On se retrouve rue tiquetonne à couler des mojitos, des tequilas, de la mezcal, là on peut dire qu’on avait bien digéré pour le coup quand le mec à côté de nous me balance « Vous êtes de Paris ?« , « Ouais »« Un buvard de LSD ca vous tente on vient de Brest et je connais mal le coin j’ai pas envie de me faire sauter avec ça ». Le mec nous donne un vieux morceau de papier avec des dessins psychédéliques dessus, c’est assez moche mais bon je suis ouvert aux expériences. 23h30 buvard gobé.

mon salaire mezcal

Addition des courses actuelles : 15.40 + 23.85 + 37.40 + 1 buvard = 76.65 (ce n’est que le début)

Incroyable est le mot qui définirait le mieux la suite des événements, car en trois heures j’avais dépensé moins de 100 euros, jusqu’à ce moment. Je me dis que tant que cette chose n’est pas digérée je ne peux rentrer chez moi, que diraient mes parents, si je cherchais Mickey dans la salle de bain (à l’image des trois frères) ou que je plongeais dans le tapis comme dans Trainspotting.

Rendez vous au Social Club rien à foutre de ce qui se passe là- bas on rentre, et là toujours aucun effet je regarde l’autre rat mort, pareil, le mec nous avait pris pour des cons ! Je tourne dans la boite où nous sommes 25, j’attrape un petit boutonneux moche avec une five panel à fleurs délavées, et lui lâche mon meilleur : « T’as un truc ? ».

Le mec hésite, nous regarde, apparemment pas rassuré, et finit par nous lâcher deux ballons. Billets, gobe, un mètre de shooters, et on sort. Avant de sortir je croise ma collègue stagiaire qui me dit « Heyyyyyyy gros qu’est ce que tu fous là », et qui tombe dans les escaliers.

Addition des courses actuelles : 2 + 20 + 20 + 10 + 30 =82 ( à additionner avec le maudit chiffre précédent)

Il est une heure du matin et c’est là que ma soirée va basculer... Je sens que mon estomac tourne un peu, j’ai chaud puis froid aux mains, j’ai du coton autour des yeux, et les dents serrées, putain de merde son buvard de merde fait effet le connard, on est dans la merde.

Je tourne dans la rue j’ai faim et soif et en même temps je peux rien avaler, on bouge au Tambour au 41 rue de Montmartre, deux trois bouteilles de vin rouge, ma soif est passée , il est 2h30 du matin.

Mon salaire tambourg

Toutes les substances que j’ai avalé font effet en même temps, je suis dans le noir le plus total quand j’entends à ma gauche : « Viens, on va vite fait au HUSTLER » (boite à Striptease de mort sur les Champs-Elysées).

Addition des courses globales : 76.65 + 82 +27 + 27 + 27 = 239.65

Taxi !!!! (ndlr : UBER n’existait pas encore à ce moment là). Taxxiiii !!!

Une voiture s’arrête, le mec dit :

– Vous allez ou ?

– OncvdfeiaHustlereuhchambeslysée !

– Vous avez bu ?

– Qui? MOI ? Nooooonnnnn Monsieur je suis musulman, c’est haram !

– Montez  – putain de jeune alcoolique de merde -.

15 minutes plus tard on est devant le Hustler, le gros connard de 175 kilos devant nous toise, nous demande si on est bourrés même si j’entends personnellement :« Vous êtes bureau ? » « Non on est en after gros connard ! ».

30 € la place par personne, on rentre enfin et là je me dis ,bordel cette endroit sent les secrétions corporelles c’est pas croyable. J’entends mon pote dire  » vas-y on prend une bouteille et on se casse ». Et là, ça donne de manière assez inopinée : une bouteille, une danse, une danse, une danse, une danse privée, un verre renversé, un verre , une danse privée et là dans les méandres de l’alcool : « Putain mais qu’est ce que je fous là?! »

Addition des courses à ce moment là : 239.65 + 30 +180+30 +30 +30 +90 +18 +18 +90 = 755.65

Je sors du bordel, il est très exactement 4h27 du matin, je suis dans le remord le plus total, je prends un taxi jusqu’à Bonne nouvelle et rentre en after au Rex Club, je demande un verre d’eau, on me le donne, je demande un sky, on me le donne, je m’endors, me réveille,je prends un autre sky et la taxi jusqu’à chez moi au fond de la banlieue.

755.65 + 15 +12 + 12 +55 = 839.65 EUROS TTC.

Je suis alors stagiaire-apprenti et gagne 840 € par mois. Merci d’avoir lu cette histoire, ce fut un grand moment de la partager ensemble.

Et maintenant m'voyez !
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