Le guide de survie pendant les grèves à Paris

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Parce qu’il n’y a qu’un seul mot qui résume les grèves parisiennes : survivre.

Ce matin, tu te lèves, tu savoures ta dose de café matinale, prêt à conquérir ton quotidien. Tu t’habilles, tu te mates dans le miroir et tu pars prendre le RER qui va t’emmener loin de ta banlieue, à Paris, l’une des plus belles villes du monde.

Sur le trajet pour te rendre à la gare, tu « beyonces » pour te donner du courage et affronter tous ces banlieusards qui comme toi, rêvent de nouveaux horizons. Et puis, tu te souviens. Aujourd’hui, c’est la grève.

Tu pleures, tu t’énerves contre toi même pour avoir une mémoire de poisson rouge et puis tu réalises que les vrais fautifs comme toujours, c’est la RATP ou la SNCF, tous dans le même sac.

Tu pestes, tu hurles sur le quai de la gare, tu échanges tes soupirs avec ton voisin, tu joues aux eye-contacts de résignation et puis tu te dis qu’il est définitivement venu, le temps de la révolution. Mais pas aujourd’hui, aujourd’hui il y a grève et ton patron qui est venu en Uber en a rien à carrer que les fainéants de la RATP manquent une énième fois à l’appel. Alors, tu t’organises pour survivre.

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Pour commencer, tu te dis qu’il n’y a pas que le RER dans la vie, il y a les vélib aussi. Tu essaies de voir ça positivement, un peu de sport ça n’a jamais fait de mal à personne et puis on est lundi, c’est toujours bien de commencer la semaine sur une note positive.

Tu te mets en route jusqu’à la station de vélos la plus proche, tu te dis que si tu roules vites, tu peux encore être à l’heure. Mais quand t’arrives à la borne des vélibs, ô stupeur, ô tremblements, il n’y en a plus. Des dizaines d’autres ont eu la même idée mais ils ont réfléchi plus vite. Peut-être qu’ils avaient déjà lu un guide de survie pendant les grèves à Paris.

Maintenant que t’es sur un grand boulevard de ta banlieue, tu te dis que le stop, c’est ta dernière option. Sans aucune foi en tes compatriotes parisiens, tu lèves le pouce, tu comprends vite pourquoi ce sont seulement les blondes à forte poitrine qui se font prendre en stop mais tu persévères…jusqu’au moment où il se met à pleuvoir.

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La colère de Dieu contre ces agents de la RATP vient de se manifester et tu ne peux rien faire contre ça. Il te reste moins de trente minutes pour arriver au travail et à moins d’un miracle…

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Il ne te reste plus qu’une solution pour garder ton job, le taxi. Tu essayes de te convaincre que tu peux faire un écart sur ton business plan de la semaine même si ça te fait mal partout de payer un tacos à cause de la RATP.

Et puis, comme si c’était le destin ou encore Dieu qui s’en mêle, au moment ou tu allais lever le bras comme dans les films américains pour appeler un taxi, c’est la flaque d’eau de la défaite qui s’abat sur toi. Te voilà trempé de la tête au pied, t’as froid, t’as mal et t’as toujours pas bougé de ton quartier.

Aucun taxi va vouloir te laisser monter dans cet état-là, alors tu te résignes à t’abriter sous un arrêt de bus pour appeler ton patron et c’est bien le seul jour où tu seras peinard là-dessous, les chauffeurs de bus aussi sont en grève, ça se soutient à la RATP, ça se tient les coudes comme nulle part ailleurs quand il s’agit de rien faire.

Tu réfléchis au discours que tu vas lui pondre, si tu lui racontes le bobard du siècle ou si tu mises tout sur la vérité priant pour que le mec qui a un jour écrit que l’honnêteté paie toujours veille sur toi.

Quand il te dit gentiment qu’il comprend et que t’es pas le seul ce matin à subir les foudres de la RATP et que oui, bien sûr que tu peux faire une journée de télé-travail, tu bénis le ciel et ce taxi qui t’aurait coûté un bras d’enfant.

Conclusion : pour survivre à la grève parisienne, reste chez toi.