Calvaire du stagiaire épisode 3 : tu revendiques ? Tu sors !

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Quand mon boss me montre où je peux me les foutre mes tickets restaurants

Parce qu’il faut bien mourir un jour, tu te fais syndicaliste des stagiaires et de réclamer des tickets restau.

Il y a des jours comme ça où l’on se sent inspiré. Pas payé mais inspiré quand même. Chez Open Minded on sait que tu sais ce que ça fait car toi aussi tu fais partie de la grande famille des stagiaires. Pendant la pénible période estivale, on pense très fort à toi et on te cacedédi ces tribulations. Malgré ce statut plus que précaire, le stagiaire est utile à la boite sauf que lui, il est interchangeable. T’as peur ? Ohh mais faut pas petit padawan, regardes…

Trois semaines. Cela fait à peine trois petites semaines que tu t’es embarqué dans cette aventure en compagnie d’une bonne dizaine d’autres nains de ton espèce. Tu as eu largement le temps de faire ami-ami avec les têtes pensantes de la boite, et aujourd’hui tu craques. Toi au lycée qui était le premier à dénoncer les devoirs abusifs et à prendre des initiatives dès qu’un prof osait être absent, te voilà contraint de la fermer sur les inégalités employés/stagiaires. Mais aujourd’hui, tu prends les armes !

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Tu veux que tes comparses te voient tel un héros allant braver tous les dangers pour les sauver de la tyrannie. « Ne voudriez-vous pas échanger ces jours sombres à partir de ce jour pour avoir une chance, rien qu’une chance, de revenir ici en adulte et de dire à notre ennemi qu’il peut prendre nos jours de congé et notre dignité, mais qu’il ne nous enlèvera jamais notre liberté ! ». Bon, y a de l’idée mais c’est pas encore ça. Mais le message est là dans ta tête, prêt à être balancé à la figure du premier gradé, tel une tarte à la crème. Et là, c’est le drame : tu apprends que le grand patron est en congé (sans gêne le vioc). Tu te tournes alors vers le bureau de ton responsable avec toute ta rancœur au bord des lèvres. Sauf que le preux chevalier fait plus Monty Python que Table ronde. Tu as peur qu’on te balance des cuisses de grenouilles (si tu comprends : high five virtuel !).

Se met alors en place une véritable machination pour amadouer ledit maitre de stage. Prendre ce connard dans le sens du poil un vendredi à l’heure de l’apéro et lui apporter en offrande une canette de bière pas trop chaude. En général à l’approche du week-end, les nerfs se détendent et on retire les balais du cul. Et Baam ! Après une journée exemplaire, tu mets sur le tapis la question des tickets restau, de l’allongement de la pause du pipi (et pause tout court)  et du renouvellement des chaises en plastique. Le malheureux, il aurait fallu aborder le point ravitaillement à la fin ! Bien entendu ce lunatique sous-chef en mal de pouvoir, s’est crispé à la simple évocation de ta principale revendication. Nan mais allô quoi : t’es pas rémunéré et tu dois te payer un sandwich ?! Intérieurement tu craques et tu l’envoie bouler de toutes les façon possibles et inimaginables.

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Crédit Yatuu

 

Son rire jaune veut tout dire : « Non mais tu te fous de ma gueule ? C’est que ça ose revendiquer en plus. Tu sors ! ».  Why so serious ? Tu parviens à ouvrir la porte à reculons façon Sissi. Pendant la semaine qui suivie, tu t’es fait aussi petit qu’un pet de mouche. Sauf que bien entendu, tes camarades de galère te demandent les yeux emplis d’espoir, des preuves de ta bravoure. Et là pour la première fois de ta vie, les mots te manquent. Tu bégaies quelque chose d’inaudible, on te dévisage avec incompréhension et la sentence tombe : tu viens d’être catalogué jusqu’à la toute fin de ton stage comme un looser. Toi qui te voyais déjà acclamé et noyé sous les viva de la populace, distribuant les tickets de rationnement tel le magnat du Monopoly. Bravo novice, tu viens enfin de te rendre compte qu’un stagiaire ça ne se paye pas, ça ne mange pas, ça ne s’entretient pas et ça doit malgré tout faire son taff en temps et en heure. Welcome to my life !

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Crédit Yatuu