L’album du jour : Civic Transit signé KeenHouse

Keenhouse

KeenHouse parcourt l’espace à 299 792 458 mètres par seconde avec Civic Transit.

 Oyé oyé, jeunes lectrices et jeunes lecteurs ! Vous vous en êtes sans doute rendus compte en surfant sur la foultitude d’articles d’Opn, depuis un peu plus d’un mois, un jeune groupe de pirates s’est installé sur la section musicale du blog pour distiller quelques pépites musicales plus ou moins intelligentes. Ce jalon d’essai visant à éduquer vos tympans passe désormais la vitesse supérieure pour partir sur des semaines thématiques. Et oui ! Quoi de mieux qu’un fil conducteur pour se balader dans sa discothèque ? Certains la rangent en ordre alphabétique, d’autres par genres et les plus zélés le font par ordre autobiographique.
Après une longue séance de tempête de cerveau, le choix s’est porté sur la synthwave. Un genre musical encore amateur et peu connu en France mais pourtant plus qu’apprécié en dehors de nos frontières. S’il fallait présenter le genre, on se pencherait sans doute sur ses pères fondateurs : John Carpenter, Vangelis ou encore un certain Giorgio Moroder. Vu les deux premiers, il ne fait aucun doute que ce genre musical s’épanouit plus que jamais lorsqu’il devient bande originale mais il prend ses sources dans les genres qui l’ont précédé : nu-disco, italo disco et bien sûr la synthpop. Pour vous faire une idée de ce qu’est véritablement ce genre, penchez-vous donc sur la BO de Drive, sur celle de Hotline Miami (dont on vous reparlera à la fin de la semaine #teasing) ou encore sur cette version totalement décalée de Far Cry : Blood Dragon. Mais plus qu’un genre musical, la synthwave est devenue une véritable esthétique rendant hommage aux premières bribes de technologies et d’espoirs informatiques des années 80 : K2000, Outrun, Top Gun, Retour vers le futur et bien d’autres. Cette culture a développé ces visuels mais, ça aussi, on vous en reparlera ! Trêve de blabla, passons musique avec KeenHouse et son album Civic Transit.

synthwave

Myspace… un monde à part, hier adulé, aujourd’hui la risée du social networking. Pourtant, l’ami Tom, devant son tableau Velleda proposait une exceptionnelle plateforme pour digger et proposer sa musique plusieurs années avant SoundCloud. Pourquoi parler de Myspace ? Parce que malgré tout, ce réseau social a permis à de nombreux artistes d’émerger et de se retrouver sur le devant de la scène et c’est de l’un d’entre eux dont nous allons parler aujourd’hui. Non il ne s’agit pas de Lorie mais d’un américain accro aux synthétiseurs et aux années 80 répondant au nom de KeenHouse. Un artiste aux multiples facettes avec son premier fait d’arme majeur en 2008, l’album Civic Transit. Le visuel réalisé par The Zonders, un collectif de graphistes allemands dont le talent n’est plus à prouver, ayant travaillé avec l’écurie Nantaise Valérie (la maison de College et autre Minitel Rose notamment) annonce clairement la couleur. L’espace, un clavier, des notes de musiques kitch et multicolores et une typo Disco, tant d’éléments qui s’accordent à merveille avec la musique de KeenHouse. Comme le laisse présager la pochette, cet opus nous propulse dans une ambiance synthwave cosmique et oldschool qui plaide coupable pour son inspiration disco et house.

Un melting pot efficace qui mêle l’énergie des rythmes house, la puissance des basses et synthés et le kitch de certaines sonorités qui ajoutent ce fameux coté old school.

Tout l’album est excellent mais trois tracks se démarquent parmi le reste. Tout d’abord Civic Transit, le titre qui donne son nom à l’abum, véritable hymne au voyage intergalactique avec ses mélodies entêtantes, ses solos de synthés salvateurs, ses sons tout droit sorti d’un vieux Casio des années 80. Ceux qui vous promettaient des sons d’instruments « plus vrais que natures » mais qui au final relevaient plus du couinement que de la note. Tout ça accompagné par la voix humble et rêveuse de KeenHouse ainsi que quelques parties au vocoder. Quelques réjouissants petits breaks viendront ponctuer l’aventure pour renouveler le morceau en vous préparant à passer en vitesse lumière. Et la vitesse lumière est enclenchée avec Starpower Outage. Le titre le plus puissant de l’album. Dès le début, on est mis en condition par l’aspect très rythmé du morceau qui est amplifié par des basses profondes et des cuts qui prouve que KeenHouse peut se battre sur tous les fronts en faisant des sons clubs avec ses influences et sonorités retro.

Pour finir, la dernière piste de l’album, The Rendezvous sonne comme un final de choix, calme et apaisant qui sonne la fin du voyage. Le rythme en second plan et la mise en valeur des nappes donne l’impression d’une sortie en apesanteur au milieu du vide tout en gardant une chaleur qui rend le tout rassurant.

Avec Civic Transit, KeenHouse signe chez Sunlinxx et reçoit le succès qu’il méritait. S’en suit pour lui une valise de remixes et collaborations avec Valérie chez qui il a sorti quelques tracks pour des compiles, ou avec d’autres artistes du même cru comme les sons qu’il a coproduit sur It’s Forever Kids, l’album de Futurecop!.

OPN et 10TPW avaient pourtant réparé l’hyper propulseur.