Le queer rap à ne pas rater

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Le queer rap en vogue

Et si on laissait de côté le fantasme sur « la théorie du genre », tant médiatisée depuis quelques semaines ? Sujet récurrent mais jamais autant d’actualité qu’aujourd’hui; on ne peut pas passer à côté du retour en force de la scène gay et de tous ses attributs, notamment du voguing.

Sujet pour le moins redondant, la scène gay du rap ricain s’est décidée à taper un grand coup et à faire bouger un milieu jusqu’ici purement homophobe. Ne serait-ce qu’avec les inombrables « fag » entendus dans la bouche de Tyler The Creator ! Une grande histoire puisqu’une des figures de proue de ce mouvement est un de ses meilleurs potes, j’ai nommé Franck Ocean, comparse du crew Odd Future, et l’un des coming-out les plus marquants du hip-hop. Soutenue par le discours d’Obama en 2011 et par Kanye et Jay-Z, toute une « nouvelle génération » de gay rapper (ou queer) s’est alors mise à exploser.

Aux States, on assiste à un changement de mentalité énorme et à un retour à cette culture gay des années 70 – on n’est pas si ouvert en France, finalement. En 2012, le film « Leave It on the Floor » remet au goût du jour le voguing, danse née dans les clubs gays de NY (à titre d’exemple, French Fries intitule un de ses derniers sons « Yo Vogue VIP »). Cette même année, sort de l’ombre une tripotée de rappeurs, à première vue farfelus, tout en étant complètement dans la provoc et le culot de se montrer tel qu’ils sont, à l’image de la tendance du moment. Outre des Danny Brown complètement chéper, le côté presque plus trans que gays de certains rappeurs crée une toute autre ambiance au rap sans jamais laisser de côté un flow surdimensionné, qu’il s’agisse de mecs ou de nanas comme Angel Haze ou du duo THEESatisfaction. Petit récapitulatif non-exhaustif des types qui font bouger aussi bien les préjugés que nos pieds.

 

► MYKKI BLANCO

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Evidemment que tu n’es pas passé à côté du phénomène, surtout après son passage à Paris qui a tout retourné. Homme et femme, femme et homme, à chaque jour son genre et son style. Ce type est, disons le, la figure du queer rap car en plus d’être à la fois show-man et drag queen, jouant à alterner entre ces deux perso, son flow celui d’un seul rappeur, qui plus est de qualité.

 

► ZEBRA KATZ

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Signé sur le label de Diplo, Mad Decent, Zebra Katz semble plus posé, possédant un sens du style apprécié et reconnu (pose pour GQ et Topman entre autres). Ceci-dit, l’extravagance peut se masquer mais rester prédominante. C’est le cas quand on regarde de plus près ses lyrics : Ima pull a stunt / Ima fuck the cunt/ Ima upend a motherfucker running amok / Two shots in the breeze when the bang get the buck / That’s honey to the badger I don’t give no fucks”. Avec déjà plus de 25k de fans sur Facebook, l’ancien chippendale commence à conquérir la France petit à petit, jusqu’à devenir … on verra bien.

 

 

► LE1F

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Les types de ce mouvement ont bien compris que le video-clip était dans sa phase de renouveau. LE1F, vogueur avéré et qualifié, l’a bien compris, c’est d’ailleurs son « motto » : danser. Pas de paroles faites pour réfléchir Fuck these white dudes / You know I love to fuck these white dudes », mais des prods qui tuent et une ambiance au top du queer.

 

 

 

► CAKES DA KILLA

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Petit et mignon en photo, il ne faut pas se fier à l’image trop enfantine de Cakes Da Killa. Plus queen que queer, il sait aussi se mettre en scène dans des clips presque plus girly que Queen B. Finalement, dernière cette image, en écoutant bien, ce n’est pas un mec avec qui on a envie de déconner dès qu’il s’agit de paroles.

 

 

► JBDUBS

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Menée par les renois, la révélation queer est aussi composée de « white dudes ». On connaissait Macklemore, débarque maintenant JbDubs ou le type qui fait encore plus de concurrence à Beyoncé. Le titre « I Hate my Job » a fait le buzz à sa sortie, on comprend facilement pourquoi et le phénomène perdure.

 

 

► HOUSE OF LADOSHA

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« Mieux vaut être seul que mal accompagné », cette phrase perd tout son sens quand on s’interesse au duo House of Ladosha. DOSHA DEVASTATION et CUNTY CRAWFORD LADOSHA unissent leur forces pour un résultat de haut niveau, tant dans l’exagération du délire que dans le son.

 

 

► MIKE Q

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On ne trouve pas de figures emblématiques du queer mouvment que dans le hip-hop. A chaque danse sa musique, c’est la raison pour laquelle Mike Q crée le label « Qween Beat »; pour faire danser les ricains sur de la vogue-house, once again la danse de référence. A écouter ici.