The Toxic Avenger : un mec bien dans ses baskets

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Entrevue animée avec The Toxic Avenger

Vendredi dernier, on est allé tailler une bavette avec une légende vivante : The Toxic Avenger qui fêtait la sortie de son album Romance and Cigarettes à la Machine du Moulin Rouge. On a discuté avec un joyeux luron, bien dans ses baskets et grand fan de folk.

Alors je me suis renseigné , Toxic Avenger est l’exemple même du anti-héros. Est-ce que tu te considères aussi comme un paradoxe ambulant ? 

Pour Toxic Avenger, c’est vrai que c’est le plus pourri des super-héros, il est un peu moisi en fait. Son pouvoir n’est pas très glamour, je te l’accorde mais bon en même temps, je n’allais pas choisir « Superman », j’aurais eu l’air d’un con. (rires). Est-ce que je suis un paradoxe ambulant ? Oui bien sûr,  ma vie est un paradoxe ambulant : je suis timide mais je fais de la scène, je fais de l’électro vénère, à l’inverse j’écoute de la musique plus calme. La contradiction, j’en connais un rayon.

 

Eh bien parlons-en de ta timidité, quel est ton truc pour éviter le trac ?

En fait, je me force, je suis dans « l’outre parole » avec tout le monde et ça peut devenir relou quand on me connait bien. Et sur scène, c’est pareil, je suis dans l’exubérance à chaque fois et ça a l’air de marcher plutôt bien.

 

Comment tu te sens sur scène ?

J’ai toujours le trac, mais ce n’est plus le trac des premiers jours où je me demandais si les gens allaient aimer ce que je fais. Maintenant, je ressens une autre forme de trac; je me soucis de l’expérience que j’offre au public. Ca va faire un peu « Céline Dion » ce que je vais dire, mais j’aimerais que tu payes vingt balles tu n’en ressorte pas en ayant le sentiment de t’être fait arnaqué et en te disant que tu aurais pu te faire deux cinoches à la place. Je n’aurais pas voulu avoir ce sentiment quand moi-même j’allais à des concerts alors je ne voudrais pas que mon public se sente ainsi.

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T’as quand même une grande carrière derrière toi, qu’est-ce qu’il te reste à accomplir ?

J’ai encore pas mal de choses en tête, j’aimerais collaborer avec des artistes de variété Française. Je kifferais travailler avec Etienne Daho ou encore Christophe. Oui je voudrais passer ce cap-là.

 

Tu disais que tu voudrais faire de la musique qui plairait aux branchés et à un public plus populaire. Qu’est-ce qui t’a poussé à t’engager dans cette voie ? 

Pendant des années, j’ai fait de la musique pour les branchés et maintenant, j’en ai vraiment ras-le-bol. Au bout de deux mois ta musique est déjà considérée comme « périmée », c’est insupportable. Je sais que ça peut paraître prétentieux, mais c’est un peu vrai, j’aimerais élever un peu le départ. Je me dis que ça serait cool que le mec qui passe au rayon CD à Carrefour écoute mon disque. Je ne veux pas forcément qu’il aime, mais qu’il se dise que c’est de la musique, parce qu’encore maintenant ce qu’on fait n’est pas considéré comme de la musique. Après, de là à plaire à un auditoire populaire et aux branchés, il faut avoir pas mal de talent et ça viendra. Je veux de vrais refrains et c’est assez reposant de faire ça. Je n’ai pas à remuer la tête comme un débile sur scène, je me concentre sur des mélodies travaillées.

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A quel moment tu as opéré cette rupture ?

J’ai grandi, j’ai maintenant plus de  30 ans. Et il y a un moment où devant ta glace, tu te dis qu’il faut se renouveler. Et pourtant, j’étais le premier à dire : « Moi, jamais je ne me rangerai ». Mais bon après 30 ans, quand tu te prends une cuite, et que tu te réveilles le lendemain, tu te dis « mais regarde toi, c’est plus de ton âge tout ça » et on s’assagit naturellement.

 

Il y a de la nostalgie dans ton nouvel album, tu n’es pas un peu jeune pour la nostalgie ?

Non parce que j’ai 70 ans dans ma tête. Mais je n’ai aucune honte j’aime ça, j’apprécie ça. Quand j’étais petit, mon père me disait : « Tu verras, un jour tu aimeras le chocolat noir, le café et le vin rouge ». Et bien, pas moins d’une semaine après mes 30 ans, je me suis dit : « Hey mais c’est pas mauvais le chocolat noir en fait, il est fameux ce Saint-Emilion ! » Ca n’a pas raté. Et puis d’un autre côté je suis nostalgique de tout  et tout le temps, de mes 15 ans, d’il y a 6 mois…

 

Quelle est la chose la plus dingue qui te soit arrivée sur scène ?

Je retiens plutôt les plans loose, c’est ce qui me fait le plus délirer. Je me souviens d’un festival où une femme complètement bourrée est montée sur scène. Elle s’est dirigée vers le guitariste, elle a commencé à pincer ses cordes en lui disant « Excuse-moi, t’as pas vu mon sac ? J’ai perdu mon sac ! » Il lui a répondu « Euh… je joue là » et elle « Oui bah moi j’ai perdu mon sac ! »

Ou alors, dans un stade de base-ball, je ne sais comment mais un gars à réussi à passer derrière la scène, à parvenir jusqu’à moi et il m’a glissé à l’oreille : « Hey, tu veux pas jouer du reggaeton ? » Oui, il se passe pas mal de choses marrantes sur scène.

 

Et pour finir, are you really open minded ?

J’espère que je le suis, c’est les autres qui pourraient dire si je le suis réellement. Mais j’ai bien conscience que sur certaines choses, je peux me montrer étroit d’esprit. Par exemple si tu me fait écouter un groupe de ska et que tu me dis : « tu vas voir, c’est vachement bien ! », j’aurais du mal à te croire disons. (rire)