Geisha, bien plus qu’une histoire de prostitution

Découvrez le Japon pendant les J.O. de Tokyo 2020 : la tradition geisha

Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 sont l’occasion parfaite pour découvrir la culture insolite et les lieux méconnus du Japon. Dans cet épisode, nous allons apprendre à connaître une grande tradition japonaise : la geisha.

geisha

Non, on ne va pas parler de boules de geisha. Et non, les geishas ne sont pas des prostituées. Ici, on va parler de la réalité de cette tradition, et debunker tous les clichés encore tenaces.

Qu’est-ce qu’une geisha ?

La geisha est une dame de compagnie, mais aussi une artiste, qui assiste des clients aisés grâce à ses connaissances des arts japonais. Parmi ces derniers, on peut citer le shamisen, un instrument traditionnel, le chant, la danse et bien d’autres divertissements et jeux.

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L’apparence des geishas est avant tout caractérisée par leur maquillage, notamment le fond de teint blanc recouvrant le visage et le rouge à lèvre. Pour l’habillement, leur kimono est surmonté d’une large ceinture nouée dans le dos, et elles chaussent des sandales de bois. Leur coiffure très volumineuse, appelée shimada, est aujourd’hui souvent faite en perruque, afin de ne pas abîmer les cheveux au fil du temps.

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Une histoire ambiguë

Le terme geisha est utilisé pour la première fois au XVIIème siècle, alors que le Japon est unifié depuis peu. La paix permet alors le développement du divertissement dans la société japonaise, et donc la démocratisation des geishas.

L’amalgame entre geishas et prostituées est entre autres dûe à la confusion avec les oiran. Ces dernières, dont l’apparence est proche, sont en effet des prostituées de luxe. Elles se différencient par leur coiffure beaucoup plus sophistiquée et leur nœud à l’avant du kimono.

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Cette légende n’est malgré tout pas complètement infondée : certaines maisons de geishas s’adonnent en secret à la prostitution. Une loi de 1779 vient donc interdire la prostitution des geishas, afin d’éviter la concurrence avec les oiran.

L’apogée des geishas a lieu au début du XXème siècle, avec plus de 80 000 femmes à travers le pays. La Seconde Guerre mondiale marque le déclin de ce divertissement luxueux, dans un Japon où la pauvreté est omniprésente. Des prostituées profitent alors de la présence américaine et jouent sur l’image des geishas pour se faire payer plus cher, ce qui participe d’autant plus à ce mythe de la geisha-prostituée.

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La geisha dans le monde moderne

Dans le Japon contemporain, les geishas sont bien moins nombreuses, même s’ il en reste toujours un millier. La tradition perdure particulièrement à Kyoto, où il existe cinq quartiers dédiés, appelés hanamachi, comprenant plusieurs maisons, appelées okiya. Elles performent ensuite dans des ochaya, des salons de thé réservés aux habitués. Certaines geishas participent malgré tout à des spectacles pour le grand public, devant des centaines voire des milliers de spectateurs.

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La jeunesse continue de maintenir la tradition, avec entre quelques dizaines et une centaine d’apprenties chaque année. Mais parmi celles-ci, une part non négligeable abandonne avant la fin de l’apprentissage. Les nouvelles recrues sont formées, nourries et logées par okaasan, la mère de la maison. Les jeunes filles progressent par étape lors de leur apprentissage : elles sont d’abord shikomi, sorte de commis aux tâches ménagères, puis minarai, observatrices, avant de devenir maiko, apprenties, et enfin geishas à leurs vingt ans. Certaines arrêtent malgré tout quand elles doivent devenir indépendantes, ou par exemple lorsqu’elles se marient.

On espère vous avoir appris des choses avec cet article. Et si vous avez la chance d’aller au Japon un jour, évitez d’importuner les geishas et maiko dans la rue. Si elles se baladent, ce n’est pas pour se détendre, c’est qu’elles vont travailler ou sont déjà en train de le faire !

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Ça vous a plu ? Alors à une prochaine fois pour découvrir d’autres aspects et lieux du Japon !