La loi de Téhéran : Le thriller Iranien arrive au cinéma

La loi de Téhéran, le nouveau film de Saeed Roustaee.

Après son premier long-métrage, Life and a Day, en 2016, Saeed Roustaee, nous propose un incroyable thriller policier. Le film iranien a notamment remporté le grand prix du 34ème festival du film policier. La loi de Téhéran sortira en France le mercredi 28 juillet 2021.

Synopsis La loi de Téhéran :

En Iran, la sanction pour possession de drogue est la même que l’on ait 30g ou 50kg sur soi : la peine de mort. Dans ces conditions, les narcotrafiquants n’ont aucun scrupule à jouer gros et la vente de crack a explosé. Bilan : 6,5 millions de personnes ont plongé. Au terme d’une traque de plusieurs années, Samad, flic obstiné aux méthodes expéditives, met enfin la main sur le parrain de la drogue Nasser K. Alors qu’il pensait l’affaire classée, la confrontation avec le cerveau du réseau va prendre une toute autre tournure…

« Just 6,5 » – Le titre international fait référence au prix d’un linceul de drogue à 6,5 tomans mais le comprend aussi comme les 6,5 millions d’accros sur 82 millions qui est la population totale du pays.

Le travail de Saeed Roustaee sur la crise que traverse l’Iran.

Dans ce thriller, le réalisateur aborde l’un des principaux enjeux de la crise sociétale que traverse l’Iran. Les problématiques auxquelles s’attaque le long-métrage repose sur des constats accablant pour le réalisateur. Plus de 10 tonnes de drogue sont consommés chaque jour en Iran. Malgré toutes les condamnations à mort et peines à perpétuité, le nombre de toxicomanes ne cesse d’augmenter. Pourquoi la police n’est pas en mesure d’arrêter tous les parrains de la drogue une bonne fois pour toutes. N’importe qui peut se procurer de la drogue n’importe où en moins de trois minutes.

Saeed Roustaee raconte avoir vu la transformation des rues de son pays à cause de l’addiction au crack qui est encore plus dévastatrice que les autres drogues en Iran. Si son projet initial d’un documentaire sur le sujet ne s’est pas fait, ses recherches ont fortement influencé le film.

Dans son analyse, il met en cause les frontières communes de l’Iran avec des pays producteurs de drogue. Il raconte que malgré les mesures en place les trafiquants trouvent toujours un moyen de faire passer la marchandise. Des catapultes ont déjà été utilisées à de nombreuses reprises. Le trentenaire fait également un lien entre la pauvreté et l’addiction. Il préconise plus de prévention que de répression, car il explique que de nombreux enfants sont arrêtés et exécutés sans se douter que le transport de 30 grammes de crack est passible de peine de mort.

Une très bonne expérience

Au-delà de ce que dénonce le film, les 2h14 au cinéma sont très captivantes. Les scènes de prison avec des toxicomanes à pertes de vu sont aussi suffocantes que si on y était. Et les plans utilisés sont cohérents que ce soit les amorces ou les plans-séquences quand des centaines d’addicts sont arrêtés. Le scénario palpitant, qui s’estompe un peu à quelques instants, n’empiète pas sur les sujets de fonds et inversement. La dualité entre le policier déterminé et le baron de la drogue est aboutie dans la chronologie du long-métrage.

La loi de Téhéran

Cependant la construction autour du nom de Nasser a finalement donné lieu à un personnage un peu décevant et pas très vif même s’il se révèle un peu plus émouvant vers la fin. Un autre regret concerne l’exploration du personnage Samad. Si certain fragment de sa vie son brièvement aborder en début de film aucune suite n’y est données et on reste sur notre faim.

N’hésite pas à voir le film, c’est l’occasion de voir un bon thriller policier à suspense avec de très bon acteur qui donne vie au récit. Le film sort en salles le 28 juillet 2021.