Les agressions sexuelles dans les transports au Japon, un fléau encore trop silencieux

Les tchikan sévissent aux heures de pointe

La première fois, elle avait 12 ans. Dans le métro bondé de la ligne circulaire tokyoïte Yamanote, les japonais s’agglutinent dans les wagons aux heures de pointe. A 12 ans, un homme l’a touché contre son gré. Ni sa mère ni son enseignante ont pris les faits au sérieux. Kumi Sasaki (nom d’emprunt) témoigne dans son livre Tchikan de son quotidien de victime d’harcèlement sexuel des années durant.

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Dessin de Kumi Sasaki

Les pervers sexuel et frotteurs nommés Tchikan sévissent durant les heures de pointe lorsque la promiscuité le permet, à l’abri de tous les regards. Ils « agressent en particulier les collégiennes, symboles d’innocence, de virginité. Au Japon, beaucoup d’hommes fantasment sur les uniformes des écolières » comme le relaie l’article des Inrockuptibles.

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Si la plupart des harceleurs sont des maris et pères de famille, les bonnes manières s’envolent une fois le wagon refermé, et la plupart des victimes ne portent pas plainte par honte et humiliation. En effet, porter plainte signifie se mettre à jour et craindre d’être sali par les normes de la société japonaise. Se faire agresser signifie être déshonorée et incapable de trouver un mari plus tard.

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Face à ce fléau encore bien trop silencieux, le livre de Kumi Sasaki espère faire tomber les masques et faire prendre conscience de la situation alarmante. Quelques actions ont d’ores et déjà été mis en place depuis quelques années comme des wagons réservés aux femmes lors des heures de pointe, une application mobile et une campagne pour inciter à porter plainte. Prochaine étape ? L’installation de caméras de surveillance en 2018 dans la ligne Yamanote, la plus empruntée de Tokyo.

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Source : Article Les Inrockuptibles 

Plus d’informations : Livre Tchikan