Les espaces d’Abraxas, cité futuriste sortie d’un film

Visite insolite en banlieue est

En bonne parisienne que je suis, je ne fais jamais rien de touristique à moins d’y être contrainte et forcée. Soyez honnête, on est tous un peu comme ça. Réfléchissez, à quand remonte la dernière fois que vous vous êtes dit « Tiens, il fait super beau… si j’allais me balader à la tour Eiffel ? » ou « Oh, ce week end, plutôt que de trainer devant mon Netflix, j’ai envie d’aller au Louvre ! ».

Donc, quand ma pote fraîchement débarquée de Londres, m’a annoncé qu’elle aimerait aller voir un « incroyable ensemble dimmeubles à larchitecture néoclassique qui nest qu’à 20 minutes de paris par le RER A ! », vous vous imaginez bien que ma première impulsion a été de sauter de joie en déclarant « Génial ! Justement, jai toujours rêver de visiter Noisy-Le-Grand ! ». CQFD. J’ai d’abord tenté un non ferme et définitif, mais on connait tous la passion qui berce ce genre d’aventuriers du dimanche.

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Au final, plus pour faire plaisir qu’autre chose, je me suis laissée prendre au jeu. Il faut savoir que je fais partie de ces intra-muros extrémistes qui ne dépassent jamais le périf. Alors, évidemment le RER est pour moi une invention du diable ou au mieux une campagne de pub terriblement efficace pour les déodorants. C’est donc avec toutes les réticences possibles et inimaginables que je partais à la découverte des Espaces d’Abraxas.

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Toutes deux fans de cinéma, on y allait surtout parce que la cité avait servi de décors pour de nombreux films et clips, notamment Brazil de Terry Gilliam et le dernier volet de la saga Hunger Games (à noter qu’elle apparait également dans le clip de Stéphanie de Monaco, Ouragan). Bon, alors même si j’ai du mal à l’admettre, c’est vraiment très facile d’accès. La sortie du RER donne sur un centre commercial, ensuite il suffit de traverser le parking et on se retrouve soudain plongé dans un énorme délire aux allures de forteresse. J’ai lu quelque part que ses habitants l’avaient surnommé « Gotham City » et on est pas loin du compte effectivement.

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D’une part futuriste, froid et démesuré mais aussi bien fascinant et plein de vie, l’exploration des lieux nous amène de surprises en surprises. Avec juste ce qu’il faut de « laisser à l’abandon » pour que le colosse de béton et son emmêlement d’escaliers et de passerelles terminent de nous dépayser totalement. La grisaille de la journée achevait de rendre l’apparence déjà pesante des lieux en une atmosphère digne des films de science fiction qu’elle avait accueillis. On a réussi à se faufiler dans les ascenseurs jusqu’au 17e étage, pour se balader entre les différents balcons et admirer la vue. Le tour est vite fait, mais vaut le détour. On a atterri dans un autre monde, unique en son genre.

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Oh et pour info, dépêchez-vous si vous voulez le voir en état, parce que des travaux sont prévus. L’architecte, Ricardo Bofill revient finir le travail qu’il avait commencé en 1978 et ajouter au passage des centaines de logements supplémentaires. Personnellement, je ne sais comment je me sentirais si j’y habitais et que je devais arpenter ces couloirs labyrinthiques par une sombre nuit d’hiver… Sûrement aussi heureuse que de reprendre le RER pour rentrer.

Benzedrine