Le Pablo Escobar Tour à Medellín : sur les traces du baron de la coke

À Medellín, tout le monde n’est pas ravi du succès que rencontre le Pablo Escobar Tour.

Si Medellín conserve sa réputation pour être LA ville de la cocaïne et de Pablo Escobar, c’est aussi un lieu de vie entouré d’une nature à tomber par terre et où il fait bon vivre aujourd’hui. Pourtant, la deuxième plus grande ville de Colombie après Bogota peine à se faire voir d’un bon oeil par le reste de la planète, l’image de capitale du narcotrafic lui colle à la peau.

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Maison où Pablo Escobar a été assassiné le 2 décembre 1993

D’ailleurs, un certain style de tourisme a pris place dans les rues de Medellín, et n’aide vraiment pas l’histoire… Plus le vingt ans après la triste mort du baron de la drogue sur le toit d’une maison, son âme plane toujours en-dessus des habitants, la faute au Pablo Escobar Tour, la quintessence du tourisme malsain.

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À Medellín, Pablo Escobar est considéré par beaucoup comme un sauveur, l’homme grâce à qui les enfants défavorisés ont pu bénéficier de nouveaux espaces de loisirs, et les familles être relogées dans de meilleures habitations. Grâce à l’argent de la cocaïne que l’homme écoulait en masse, il a pu conquérir sa ville de Colombie, ainsi qu’une jolie partie des Etats-Unis. Son empire est immense, et sa fortune est classée en 7ème position mondiale par le magazine Forbes en 1989. Il contrôle alors 80% du marché de la cocaïne mondiale. Dans sa villa qu’il appelle la « Villa Napoles », il fait ériger une statue dorée à son effigie au centre d’une massive fontaine; fait venir des animaux de la savane dans le zoo qu’il a construit; remplace la mousse de ses canapés par des billets verts.

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Villa Napoles de Pablo Escobar, que les touristes peuvent visiter.

Aujourd’hui, le Pablo Escobar Tour fait marcher le tourisme – presque – aussi bien que la cocaïne, des personnes venants en Colombie spécialement pour suivre les traces du baron. Le parcours suit l’ensemble des bâtiments qu’il avait en sa possession, certains sont vides et d’autres habités, sa villa est maintenant un musée-zoo ultra touristique.

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Un des immeubles appartenants au baron de la drogue.

Témoignage d’une époque révolue, cette « visite » touristique de Medellín sur les traces de Pablo Escobar n’est pourtant pas acclamée de tous. Certains habitants sont usés de voir leur image de capitale de la cocaïne coller à leur peau, et espèrent trouver la paix et la sérénité. En réhabilitant le réseau de transports publics et en répartissant différemment les richesses, la municipalité de Medellín espère faire remonter sa crédibilité ! Aujourd’hui, explique le journal Geo.fr, deux lignes de métro relient le centre ville et les barrios  – quartiers -, de même que les bus, tramways et les téléphériques. De plus, les richesses des habitants sont réparties de manière plus équitables car « ceux des quartiers dites de strate 6, qui hébergent les personnes les plus aisés, doivent payer plus cher l’accès à l’eau, à l’électricité, à lnternet et aux autres services publics. À l’inverse, les plus pauvres, qui demeurent dans les barrios de strate 1, tel celui de la Comuna Trece, en bénéficient gratuitement, y compris l’entrée aux bibliothèques et aux infrastructures sportives ».

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En 2013, le Wall Street Journal a classé Medellín comme « ville plus innovante de l’année 2013 ».

Crédits photos : Fabrice Dubesset